Les contributions majeures du PERC

— Le Centre de recherche sur l’exploration planétaire (PERC) de l’Institut de technologie de Chiba a été fortement impliqué dans le développement des instruments d’observation de la sonde Hayabusa-2 et dans l’analyse des données recueillies. Est-ce que ce sera également le cas pour les missions MMX et DESTINY+ ?

M.T.  Oui, bien sûr, notamment dans le cas de la mission DESTINY+. En ce sens, nous avons fait figurer l’Institut de technologie de Chiba et de l’Institut des sciences spatiales et astronautiques sur l’autocollant de la mission. Le PERC sera responsable du développement de trois des instruments de mesure qui seront utilisés lors de la mission DESTINY+. Il sera également chargé de superviser d’un point de vue scientifique le projet dans sa totalité.

Ce qu’il y a d’extraordinaire dans cette mission, c’est le développement d’une nouvelle technologie grâce à laquelle nous pourrons approcher Phaéton à une distance d’environ 500 kilomètres, qui lui a une vitesse de plus de 33 kilomètres par seconde. Lors de la mission DESTINY+, nous capturerons des images de la surface de l’astéroïde, à l’aide de téléobjectifs et de caméras spectroscopiques, tout en analysant la composition chimique de la poussière qui gravite autour de l’astéroïde.

Les installations du PERC. En haut à gauche : la chambre de simulation de l'environnement martien, capable de reproduire des éléments de l'atmosphère de Mars tels que la température (jusqu'à -120°C), la pression (environ 1/100 atm) et la composition chimique (principalement de dioxyde de carbone). Elle est utilisée pour tester les instruments de mesure de la mission sur la Planète rouge. En haut à droite : le laboratoire photo pour l'exploration planétaire. En bas à droite : la salle de développement des technologies d'exploration planétaire. Ce laboratoire est équipé du matériel de mesure et de test nécessaire au développement des instruments embarqués sur le vaisseau spatial. C'est là où les expériences de base et les tests d'étalonnage peuvent être réalisés, et où les modules de vol peuvent être assemblés. En bas à gauche : la salle de simulation des impacts à hypervitesse. Ici, un lanceur de projectiles est utilisé pour reproduire et mesurer les différents phénomènes liés aux collisions à hypervitesse qui ont impacté la Terre depuis ses origines (avec l'aimable autorisation du PERC, Institut de technologie de Chiba)
Les installations du PERC. En haut à gauche : la chambre de simulation de l’environnement martien, capable de reproduire des éléments de l’atmosphère de Mars tels que la température (jusqu’à -120°C), la pression (environ 1/100 atm) et la composition chimique (principalement de dioxyde de carbone). Elle est utilisée pour tester les instruments de mesure de la mission sur la Planète rouge. En haut à droite : le laboratoire photo pour l’exploration planétaire. En bas à droite : la salle de développement des technologies d’exploration planétaire. Ce laboratoire est équipé du matériel de mesure et de test nécessaire au développement des instruments embarqués sur le vaisseau spatial. C’est là où les expériences de base et les tests d’étalonnage peuvent être réalisés, et où les modules de vol peuvent être assemblés. En bas à gauche : la salle de simulation des impacts à hypervitesse. Ici, un lanceur de projectiles est utilisé pour reproduire et mesurer les différents phénomènes liés aux collisions à hypervitesse qui ont impacté la Terre depuis ses origines (avec l’aimable autorisation du PERC, Institut de technologie de Chiba)

L’âge du fer et les météorites

— Vos prochaines recherches porteront sur les origines de l’âge du fer. Pourquoi cette période de l’Histoire ?

M.T.  Une civilisation se développe grâce à l’innovation technologique, indispensable à sa survie. Dans cette perspective, l’innovation technologique la plus évidente des civilisations passées est le métal. Le passage de l’âge de pierre à l’âge du fer a permis un bond en avant spectaculaire pour l’Homme. Cependant, peu de recherches ont été faites sur le début de l’âge du fer, au moment où cette transition a eu lieu. L’âge du fer aurait succédé à celui du bronze, mais je pense que les premiers objets en bronze et en fer ont été fabriqués à peu près en même temps.

Des fouilles archéologiques en Turquie nous ont permis de comprendre que les plus anciennes boules en fer fabriquées par l’Homme datent d’il y a environ 4 300 ans. À la même époque, des épées ont été forgées à partir de météorites. On peut donc en conclure que les premiers métaux utilisés par l’Homme proviennent de fer de météorites. L’étude de l’évolution de ce processus devait nous permettre de découvrir comment l’âge du fer a commencé et quel en a été l’impact sur la civilisation humaine.

— La civilisation considérée à l’échelle de l’univers nous amène à réfléchir aux origines de la vie. Est-ce que c’était votre objectif lors de la création du Centre de recherche sur l’exploration planétaire en 2019 ?

M.T.  Depuis que j’ai été nommé président de l’Institut de technologie de Chiba en juin 2020, je m’efforce de poursuivre les recherches liées à l’exploration planétaire tout en mettant leurs résultats au profit de nos programmes éducatifs.

Une université se doit d’être un lieu qui génère un flux de connaissances. Dans un institut technologique comme le nôtre, la « connaissance » signifie notamment la conception d’une civilisation future. L’innovation technologique ne prend son sens que lorsqu’elle s’inscrit dans le cadre d’une vision de ce que devraient être la société et l’humanité.

Malheureusement, au Japon, la grande majorité des chercheurs ont tendance à attendre passivement les projets financés par le gouvernement. À l’Institut de technologie de Chiba, au contraire, nous fournissons à celles et ceux qui ont des idées intéressantes les fonds nécessaires pour le démarrage de leurs projets. Nous espérons ainsi encourager les chercheurs dynamiques et des ingénieurs pratiques, qui à leur tour, contribueront activement à notre « flux de connaissances ».

(Texte et interview de Matsui Takafumi par Amano Hisaki, de Nippon.com. Photo de titre : Pixta)