Les débuts du Bairro oriental
En avril 1964, un immeuble de trois étages, d’une superficie de 3 734 mètres carrés, a fait son apparition dans la partie sud de la rue Galvão Bueno, au croisement de la rue São Joaquim. Il a dès lors abrité les activités de l’Association socioculturelle japonaise de São Paulo (« São Paulo Nihon bunka fukushi kyôkai ») devenue par la suite l’Association socioculturelle japonaise du Brésil (« Brazil Nihon bunka fukushi kyôkai »). À l’époque, ce bâtiment moderne, qui s’est encore agrandi depuis, ne passait pas inaperçu contrairement à aujourd’hui où il est dominé par des tours. Il se trouvait en effet au milieu des vieilles bâtisses d’un étage dont se composait pour l’essentiel le quartier de la Liberdade. Le cœur de ce qui est devenu par la suite le Bairro oriental de São Paulo s’est donc constitué autour de la zone des cinémas et des commerces, et du Centre socioculturel japonais.
Pendant les années 1960-1970, la rue Galvão Bueno de São Paulo que les expatriés avaient investie après la guerre a été complètement chamboulée par le réaménagement du centre de la ville et la construction du métro. C’est ainsi que le Cine Niterói a été transféré sur l’avenue de la Liberdade, une autoroute étant prévue à son emplacement. Mais au lieu de se laisser abattre, les responsables de la communauté japonaise – en particulier Tanaka Yoshikazu et l’homme d’affaires Mizumoto Tsuyoshi (1920-1989) –, en ont profité pour développer la Liberdade.
En novembre 1974, le quartier japonais de São Paulo a commencé une nouvelle vie et c’est alors qu’il a pris le nom de Bairro oriental. Il s’est doté entre autres d’un portique shintô (torii) rouge vermillon de neuf mètres de haut placé à son entrée, ainsi que de multiples lanternes traditionnelles et d’un jardin japonais. Et il a organisé toutes sortes de manifestations à commencer par un marché asiatique et différentes festivités. Festival des fleurs (hana matsuri) célébré le 8 avril, jour anniversaire de la naissance du Bouddha. Fête des étoiles (Tanabata), le 7 juillet. Confection de gâteaux par pilage du riz (mochitsuki), en particulier lors du Nouvel An. Toutes ces célébrations reposaient sur des traditions japonaises adaptées à la culture locale.

Des nouveaux venus chinois et coréens
Dans les années 1960, des émigrés en provenance de Taïwan et de Corée ont commencé à arriver au Brésil. Beaucoup d’entre eux parlaient le japonais en raison du passé colonial de l’Archipel. Ils sont donc allés se renseigner au Bairro oriental où l’on s’exprimait dans une langue qu’ils connaissaient. Et ils ont joué un rôle important dans le quartier dès les années 1970-1980. Dans les années 1990, ils ont été rejoints par des émigrés originaires de Chine continentale qui ont ouvert des boutiques dans les parages.
La rue Conselheiro Furtado délimite le Bairro oriental du côté de l’Est. C’est là que se trouvent à présent les infrastructures de la communauté chinoise en particulier le Centre culturel chinois de São Paulo, l’Association cantonaise du Brésil et le temple bouddhique Kwan Yin du Kôdô-in. La rue compte aussi quantité de boutiques et de restaurants taïwanais et chinois. Les magasins japonais sont environnés de supermarchés, hôtels, bars, restos, établissements de karaoké, salons de coiffure et de beauté, cabinets médicaux, agences de voyages et autres écoles. Et tous ces établissements sont chinois au point que l’on pourrait se croire dans un mini Chinatown.




