Mangeons du poisson domestique pour augmenter la consommation et l’autosuffisance alimentaire

Un responsable de la pêche de la préfecture de Miyagi explique que la raison pour laquelle les sardines et les maquereaux ne sont pas consommés au Japon est que, à moins qu’ils ne soient très gros et gras, ils sont congelés et ne sont pas expédiés frais. Même si une petite quantité de gros poissons est incluse, si les poissons sont majoritairement de petite taille, « dans de nombreux cas, il n’est pas possible de les trier en raison du manque de main-d'œuvre au port ».

Un commissaire-priseur du marché de Toyosu explique : « La norme pour l’achat de maquereaux est : 500 grammes ou plus ; et pour les sardines : 100 grammes ou plus. En-deçà, il n’y a pas d’acheteurs. » Même si le sanma est un peu petit, il peut être vendu en tant que produit saisonnier, mais les sardines et les maquereaux, qui sont débarqués toute l’année, doivent être bradés à vil prix si leur taille est inférieure à la norme.

Les maquereaux et les sardines de petite taille sont principalement destinés à des fins non alimentaires.
Les maquereaux et les sardines de petite taille sont principalement destinés à des fins non alimentaires.

La Direction de la Pêche s’est fixée pour objectif de relever le niveau des captures et d’améliorer sensiblement le taux d’autosuffisance en renforçant les mesures de gestion des ressources. Cependant, ce n’est pas si facile : le taux d’autosuffisance pour les produits de la pêche, qui est tombé à un niveau historiquement bas de 53 % au cours de la période triennale 2000-2002, s’est amélioré pour atteindre 59 % en 2009. Toutefois, on ne peut pas simplement s’en réjouir : la consommation de produits de la pêche par habitant, qui était de 40,2 kg au cours de l’année fiscale 2001, n’a cessé de diminuer depuis, pour atteindre seulement 23,0 kg au cours de l’année fiscale 2021. En d’autres termes, l’augmentation de l’autosuffisance n’est qu’un épiphénomène de la diminution globale de la demande, ce qui n’a aucun sens si la culture et les habitudes de consommation de poisson continuent à décliner. (Voir aussi notre article : Le taux d’autosuffisance alimentaire à son niveau le plus bas, une crise pour le Japon)

En outre, tout en se plaignant des faibles captures de sanma et d’autres poissons, les Japonais s’éloignent de plus en plus de leurs propres poissons. Outre le maquereau norvégien, une grande partie des chinchards consommés au Japon est importée de Corée du Sud et des Pays-Bas, et les filets de saumon grillé sont majoritairement des produits chiliens. Cela s’explique en partie par le fait que les produits de la mer japonais passent par un processus de distribution complexe depuis les ports de pêche en sous-effectif jusqu’aux consommateurs, alors que le poisson importé par l’intermédiaire de sociétés commerciales est vendu en gros aux détaillants et aux restaurants par des intermédiaires. Une fois que les filières sont établies, et la qualité du poisson s’améliorant rapidement, revenir à la production nationale ne sera pas une mince affaire.

Néanmoins, si chaque consommateur japonais augmente consciemment le nombre d’occasions de manger des sardines et des maquereaux produits localement, plusieurs fois par an, la consommation annuelle et le taux d’autosuffisance pourraient être grandement améliorés, et la situation favoriserait une amélioration de la distribution à partir des ports de pêche. Afin de protéger les pêcheries japonaises, outre l’augmentation des niveaux de captures basée sur une bonne gestion, et l’amélioration du tri et de la distribution dans les ports de pêche, l’attitude des consommateurs est capitale.

2023 doit être la première année où l’on s’efforcera d’utiliser les ressources locales et de transmettre de bonnes habitudes aux générations futures.

Heshiko, une spécialité nippone de maquereau mariné dans du son de riz. (Photo : Pixta)
Heshiko, une spécialité nippone de maquereau mariné dans du son de riz. (Photo : Pixta)

(Photo de titre : débarquement de petits poissons comme les sardines et maquereaux. Toutes les photos sont fournies par l’auteur, sauf mentions contraires)