Une influence occidentale issue de l’architecture coloniale
Certains des bâtiments du Meiji-mura sont l'œuvre de constructeurs japonais interprétant l’architecture occidentale, en particulier de style colonial. Par exemple, le bâtiment du gouvernement de la préfecture de Mie et le bureau du district de Higashi-Yamanashi, tous deux classés biens culturels importants, sont clairement influencés par l’architecture coloniale de l’Asie du Sud-Est. Ces deux bâtiments ont une véranda sur la façade conçue pour protéger les pièces de la lumière directe du soleil. L’utilisation du mokume-nuri, une technique consistant à peindre à la main un motif de grain de bois aussi bien sur les meubles que sur les cadres de fenêtres, est une autre caractéristique du style colonial au Japon. Elle a été inspirée par le travail des charpentiers japonais à Yokohama, Tsukiji et d’autres zones qui contenaient d’importantes populations étrangères. Le bureau du district de Higashi-Yamanashi impressionne par ses techniques de stuc, surtout dans les coins, qui donne l’impression d’être fait en pierre malgré la construction en bois, ainsi que son plafond de style kachô fûgetsu, un motif japonais traditionnel mêlant plusieurs éléments naturels.
La maison de Saigô Tsugumichi, le frère aîné du fameux Saigô Takamori, est classé bien culturel important. Avec son balcon semi-circulaire en saillie, il affiche de fortes influences de l’ancienne colonie française de Louisiane aux États-Unis, alors une nation relativement jeune.
Les charmes de l’architecture japonaise de l’ère Meiji
L’architecture occidentale a définitivement une forte influence au Japon dans les années Meiji, mais c’est aussi une époque où les maîtres de la menuiserie traditionnelle japonaise sont à leur apogée. Malgré l’extérieur terne de la résidence de la famille Nagoya Tômatsu, un autre bien culturel important, il suffit de mettre un pied à l’intérieur de cette maison de marchands pour admirer le travail de ces artisans au sommet de leur art. Le bâtiment sied à la réputation de Nagoya, ville de la cérémonie du thé, avec un atrium qui s’étend jusqu’au troisième étage, un couloir au deuxième étage qui ressemble à un chemin de jardin menant à une salle de cérémonie du thé et une pièce à l’esthétique wabi à l’arrière du troisième étage en demi-niveau qui reflète les goûts du chef de famille. Au-delà de cet aménagement intérieur parfaitement adapté aux occupations du maître de thé, le bâtiment se distingue par sa remarquable combinaison de raffiné et d’ingéniosité, comme les mesures de sécurité prises lorsque le propriétaire a changé de métier, passant de commerce de gros d’huile à la banque, ou l’éclairage et la ventilation conçus pour améliorer la qualité de la vie.





