Préserver une forme ancienne de prière
Mon projet visant à photographier l’ensemble des œuvres de Michel-Ange, en préparation depuis l’an 2000, semblait alors sur le point de s’effondrer, et je me sentais coincé. En février 2001, l’objectif de mon appareil était pointé vers une représentation du Christ dans une église de Rome lorsque soudain, un rayon de lumière traversa une rosace brisée dans le plafond et illumina la figure de Jésus. À cet instant, j’ai ressenti la présence, pourtant palpable, de quelque chose d’invisible. C’est cette expérience mystique qui m’a ensuite conduit vers les grands sanctuaires d’Ise et Izumo, jusqu’à ma rencontre fortuite avec Okinoshima.
À partir de la seconde moitié du VIIe siècle, des rituels similaires à ceux d’Okinoshima se sont répandus aux sanctuaires de Nakatsu-miya, sur l’île d’Ôshima située à 49 kilomètres de l’île principale de Kyûshû, et de Hetsu-miya, sur le continent lui-même, à environ 60 kilomètres d’Okinoshima (voir la carte ci-dessous). Ces trois entités composent l’ensemble des sanctuaires connu sous le nom de Munakata. En reconnaissance de la grande importance culturelle de ces édifices, l’île d’Okinoshima et les sites associés de la région de Munakata ont été inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco en 2017. Ma mission en tant que photographe est de transmettre les images de ces sites, intacts depuis plus d’un millénaire et berceau des croyances religieuses et des rituels de prière du peuple japonais, aux générations futures.
(Voir également notre article : Sur les traces des rites ancestraux du Japon : l’île interdite d’Okinoshima livre ses secrets)
(Photo de titre : l’île d’Okinoshima. Toutes les photos : © Masuura Yukihito)








