La partie est de Hokkaidô regorge de zones humides

Il existe dans le Hokkaidô des lagons que l’on ne trouve nulle part ailleurs au Japon. Des sablières et des bancs de sable se forment dans ces lacs et retiennent l’eau. Quand ces lagons se remplissent en raison de la montée du niveau des mers ou du dépôt de sédiments, il se forme des zones humides, et dans celles-ci, à proximité des lagons, on peut admirer de belles floraisons au fil des saisons, avec des champs de fleurs sauvages qui recouvrent les dunes. Les floraisons dans les zones humides autour des lacs de Fûren et Tôro, ainsi qu’au cap Notsuke et du lac Saroma sont un vrai régal pour les yeux.

Le lac Fûren est un paradis pour les ornithologues, avec plus de 300 variétés d’oiseaux et même plusieurs bandes de cygnes chanteurs.
Le lac Fûren est un paradis pour les ornithologues, avec plus de 300 variétés d’oiseaux et même plusieurs bandes de cygnes chanteurs.
Autour du lac Tôro, à l’est de la zone humide de Kushiro, une variété de salicorne (appelée akkeshisô en japonais) devient rouge en automne.
Autour du lac Tôro, à l’est de la zone humide de Kushiro, une variété de salicorne (appelée akkeshisô en japonais) devient rouge en automne.

Avec ses 268 kilomètres carrés, celle de Kushiro représente à elle seule 60% des zones humides du Japon. C’était sans doute un lagon à l’origine, et elle reste un point de chute important pour les oiseaux migrateurs en hiver.

Le fleuve Kushiro serpente à travers la zone humide de Kushiro.
Le fleuve Kushiro serpente à travers la zone humide de Kushiro.
Il existe des zones humides sublimes sur les hauts plateaux du pic d’Asahi-dake.
Il existe des zones humides sublimes sur les hauts plateaux du pic d’Asahi-dake.

Des cours d’eau sources de vie

Aux yeux des occidentaux, nos cours d’eau paraissent bien différents des leurs, ressemblant plutôt à des successions de cascades. Cette impression est tout à fait naturelle compte tenu de la géographie du Japon, où la proximité de ses montagnes imposantes avec la mer produit des écoulements étroits et rapides. On pourrait presque dire que Hokkaidô est le seul endroit au Japon où l’on trouve ce genre de fleuves, comme par exemple, les fleuves Ishikari, Teshio et Tokachi qui prennent leurs sources dans des montagnes environ mille mètres moins hautes que celles des Alpes japonaises, ce qui leur permet de couler tranquillement vers la mer.

Une autre particularité des cours d’eau de Hokkaidô est que l’on y observe deux crues par an. Le delta du fleuve Teshio, par exemple, subit une première crue en avril et mai, lors de la fonte des neiges, et puis une deuxième de juillet à septembre durant la saison des typhons.

La troisième particularité est la grande variété de saumons et de truites qui remontent les fleuves pour pondre leurs œufs en amont. On trouve le saumon kéta du pacifique, le saumon rose, et le saumon masou du Japon qui habitent la mer d’Okhotsk et l’océan Pacifique mais reviennent pondre leurs œufs dans la rivière où elles sont nées.

La remontée des saumons masou du Japon vers leur lieu de ponte en amont du fleuve Shari.
La remontée des saumons masou du Japon vers leur lieu de ponte en amont du fleuve Shari.
La glace à l’embouchure du fleuve Teshio prend des teintes jaunâtres avec les particules de sable jaune venant d’Asie. Dans le passé, on ne voyait jamais ce phénomène au nord du mont Hakkôda, dans la préfecture d’Aomori, mais il est maintenant arrivé jusqu’au nord du Hokkaidô.
La glace à l’embouchure du fleuve Teshio prend des teintes jaunâtres avec les particules de sable jaune venant d’Asie. Dans le passé, on ne voyait jamais ce phénomène au nord du mont Hakkôda, dans la préfecture d’Aomori, mais il est maintenant arrivé jusqu’au nord du Hokkaidô.
Des renoncules aquatiques baikamo en fleur dans le fleuve Nishibetsu, au début de l’été.
Des renoncules aquatiques baikamo en fleur dans le fleuve Nishibetsu, au début de l’été.
Les rapides en amont du fleuve Akan
Les rapides en amont du fleuve Akan
Chute de neige à la source du fleuve Kushiro
Chute de neige à la source du fleuve Kushiro
Les méandres du fleuve Setsuri à travers la zone humide de Kushiro. En hiver, les arbres le long du fleuve sont recouverts de neiges, créant des « monstres de glace » appelés juhyô.
Les méandres du fleuve Setsuri à travers la zone humide de Kushiro. En hiver, les arbres le long du fleuve sont recouverts de neiges, créant des « monstres de glace » appelés juhyô

L’environnement d’eau douce au Japon change d’aspect selon les saisons. La particularité des lacs, des zones humides et des cours d’eau dans les vastes paysages septentrionaux du Hokkaidô est qu’en hiver, les températures demeurent en dessous de zéro, même dans la journée. L’eau et la neige se transforment en glace, donnant naissance à des paysages sublimes.

(Photo de titre : les grues à couronne rouge se regroupent le long du fleuve Setsuri qui ne gèle jamais, même en plein hiver. Toutes les photos © Mizukoshi Takeshi)

Ainu Mosir : Ôkami ga mita Hokkaidô (Ainu Mosir : La nature vue par les loups)

De Mizukoshi Takeshi
Éditions Hokkaidô Shimbun Press, 2022

Il y a près d’un siècle, les loups Ezo erraient librement à Hokkaidô. C’était sans doute l’un des plus beaux endroits du monde, en témoignent les magnifiques photos de cet ouvrage, dont certaines figurent dans l’article ci-dessus. La moitié des 180 photos du livre ont été prises selon un concept développé par Ono Yûgo, expert en géographie physique et professeur émérite de l’université de Hokkaidô, qui a également écrit de nombreux commentaires scientifiques.