État actuel de la question
Depuis l’entrée dans le XXIe siècle, le Premier ministre Koizumi Junichirô a effectué des visites répétées au sanctuaire Yasukuni et les relations politiques entre le Japon et la Chine ont empiré, même si dans le même temps ces relations se sont approfondies sur le plan économique. Pendant cette période, les sentiments nationaux de chaque pays se sont exacerbés, et au cours de ce processus, « l’histoire » est devenue le symbole du ressentiment latent entre les deux pays. Ainsi le problème de la perception de l’histoire a pris la forme d’une combinaison de plus en plus complexe de divers facteurs, dont la question des manuels scolaires, les questions territoriales et les visites officielles de membres du gouvernement au sanctuaire Yasukuni.
Pour ce qui est du problème des manuels scolaires, « l’Assocation pour la création de nouveaux manuels d’histoire » a critiqué les manuels scolaires disponibles, arguant que le Japon n’avait « aucune nécessité d’exagérer son auto-critique ». Ce groupe a édité un manuel d’histoire d’inspiration révisionniste, qui a passé l’examen de la commission d’inspection en avril 2001. En conséquence, la Chine et la Corée du Sud ont vivement protesté et ont demandé sa révision.
Dans cette situation, le moins qu’on puisse dire c’est que des dispositions ont été prises pour résoudre le problème. En premier lieu, l’étude historique intergouvernementale. Si cela ne résoudra pas nécessairement le problème des manuels scolaires en tant que tels, cela met l’accent sur la nécessité de ne pas laisser les relations nippo-chinoises se dégrader. D’autre part, dans la société civile, des tentatives sont faites de réaliser des manuels scolaires communs et d’organiser un dialogue. Néanmoins, à l’heure actuelle, ses tentatives n’ont pas encore reçu une approbation de l’ensemble de la société. Et il n’est pas encore clairement établi que les résultats de ces recherches trouveront leur place dans les manuels scolaires d’histoire des différents pays et territoires de la région Asie orientale.
Le problème de la perception de l’histoire se déroulant autour du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud, trois pays du G20, ce problème attire l’attention de la communauté internationale. Par exemple, l’étude comparative et la traduction des manuels d’histoire du Japon, de Corée du Sud, de Chine, de Taiwan et des États-Unis à l’Université de Stanford témoigne du grand intérêt de cette question hors de l’Asie orientale (le projet « Mémoires divergentes et réconciliation »).
Les relations internationales dans la région d’Asie orientale connaissent actuellement un processus de métamorphose générale, qui ne tient pas seulement à l’émergence de la Chine comme grande puissance. Le problème des manuels scolaires entraîne les questions de lutte de pouvoir au niveau local, qui par retour deviennent facteurs d’entrave dans les relations internationales. Cela n’est certainement pas souhaitable. En prenant comme référence l’exemple d’autres régions du monde où sont apparus des problèmes de perception et d’interprétation de l’histoire, tout en considérant le contexte historique propre à l’Asie orientale, il serait préférable de réfléchir à diverses dispositions efficaces pour maîtriser l’expansion du problème.
(D'après un original en japonais. Photo du titre : Dès l’annonce du résultat de l’examen des manuels scolaires japonais pour les collèges, des groupes manifestent devant l’ambassade du Japon à Séoul, 5 avril 2005 = Jiji Press)
