L’importance de l’ASEAN pour le Japon
Un mois après la problématique AMM qui s’est tenue en juillet dernier, les ministres de l’Économie des pays de l’ASEAN se sont retrouvés à Phnom Penh pour une série de rencontres, dont certaines sessions étaient ouvertes à leurs homologues de pays qui, bien qu’extérieurs à l’Association, ont approfondi leurs liens avec elle. Lors d’une réunion entre l’ASEAN et ses partenaires dans le cadre d’un accord de libre échange (le Japon, la Chine, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Inde), il a été convenu de donner une forme concrète au concept de Partenariat économique régional global (RCEP). Loin d’être divisée, l’ASEAN ambitionne de regrouper ses accords de libre échange ASEAN + 1 en un dispositif unique ASEAN + 6. L’ASEAN occupe en fait une place extrêmement importante en ce qui concerne la poursuite de la prospérité en Asie de l’Est, Japon y compris.
La Déclaration de Bali, élaborée par les dirigeants rassemblés à l’occasion du sommet Japon–ASEAN de novembre 2011 définit une stratégie de coopération articulée en cinq points : (1) renforcer la coopération régionale en matière de politique et de sécurité, (2) intensifier la coopération en vue de construire la communauté de l’ASEAN, (3) Améliorer la connectivité entre l’ASEAN et le Japon de façon à renforcer leurs liens, (4) créer conjointement une société plus apte à faire face aux catastrophes et (5) relever ensemble les défis communs régionaux et mondiaux. Le second volet est particulièrement important, dans la mesure où le renforcement de l’ASEAN et l’approfondissement de son intégration sont essentiel à la bonne marche des quatre autres.
Encourager la démocratisation
Pour qu’une solide Communauté de l’ASEAN puisse voir le jour, il faudra au préalable corriger les disparités régionales. Mais plus importants encore sont les progrès de la démocratie au sein des pays membres de l’Association. Le Myanmar, où la répression des droits de l’homme a fait obstacle pendant des années à la coopération avec les pays occidentaux, s’est doté en 2008 d’une nouvelle constitution, qui a introduit davantage de démocratie dans les rouages du pouvoir et il apparaît clairement qu’en 2012 les relations de ce pays avec l’Occident se sont améliorées, comme en témoignent, entre autres, les initiatives en vue d’alléger les sanctions économiques et l’essor manifeste des investissements du secteur privé. Cela a facilité le renforcement des relations de l’ASEAN avec les pays extérieurs à la région, ainsi d’ailleurs que l’aplanissement des disparités au sein de cette dernière et le développement des zones plus en retard. Outre cela, le Japon se trouve en meilleure position pour accroître son soutien au Myanmar et promouvoir le développement de l’ensemble du bassin du Mékong.
L’édifice de l’ASEAN peut souffrir de fissures de diverses natures. Pour encourager l’Asie du Sud-Est et l’Asie de l’Est à adopter des modèles de conduite conformes à ses intérêts, le Japon, plutôt que de s’alarmer à chaque fois qu’une fissure apparaît, ferait bien de focaliser son attention sur la transformation de l’édifice de l’ASEAN en une structure moins vulnérable à ces fissures.
(D’après un original écrit en japonais le 5 octobre 2012.)
