Tokyo et Pékin ne veulent pas voir la situation se détériorer davantage
Le litige entre le Japon et la Chine à propos des îles Senkaku a brusquement émergé dans la seconde moitié des années 1960. Puis les tensions se sont peu à peu aggravées jusqu’en 2008, après quoi la situation s’est rapidement détériorée. La décision japonaise de nationaliser les îles a mis les relations à rude épreuve et marqué un point culminant dans l’histoire du litige. Mais, depuis le milieu de l’année 2013, la situation en reste plus ou moins au niveau de la surveillance à vue entre navires de patrouille expédiés par les deux pays dans les parages des Senkaku. On peut y voir un signe de la volonté de Tokyo et de Pékin d’empêcher la situation de se détériorer davantage et de maintenir le statu quo en préalable à l’amélioration des relations bilatérales. Des efforts ont été consentis de part et d’autre pour apaiser l’opinion publique et la Chine, en particulier, a pris des mesures pour réprimer les excès du nationalisme et de l’hostilité au Japon.
En témoigne le fait que ni les FMAD ni la marine chinoise n’ont déployé de navires au voisinage des îles, se contentant toutes deux d’apporter un soutien à des activités telles que la surveillance maritime et de stationner des navires en alerte à distance pour parer aux imprévus. On est en droit de considérer que cette réaction modérée suggère que Pékin a adopté une tournure d’esprit raisonnable, pragmatique, que l’état actuel de ses relations avec Tokyo l’inquiète aussi et que, dans l’espoir de les améliorer, les Chinois ne souhaitent pas voir s’envenimer le litige à propos des Senkaku. Ce signal est bienvenu, mais le Japon n’en doit pas moins rester sur ses gardes et se tenir prêt au cas où les événements prendraient une tournure exigeant le recours à la contrainte ou à la persuasion.
