Sécurité et commerce : des liaisons dangereuses

Le secrétaire général à la Défense James Mattis et ses acolytes semblent avoir joué un certain un rôle dans les décisions du président. Par le biais de sa réunion au sommet avec Abe Shinzô où il s’engage à protéger les îles Senkaku, et de son entretien téléphonique avec son homologue Xi Jinping où il reconnaît la « Chine unique », Donald Trump a finalement consenti à revenir sur ses techniques diplomatiques concernant l’Asie de l’Est. Et il est parvenu pour le moment à écraser dans l’œuf les germes d’un nouveau conflit.

Avec son slogan l’« Amérique d’abord », Trump a joué la carte de la remise en cause des stratégies sécuritaires avec le Japon et la Chine afin de réduire l’important déficit du commerce extérieur des États-Unis. À des fins économiques, il a voulu remettre sur la table sans y réfléchir à deux fois la diplomatie étrangère de ces prédécesseurs qui avaient jusqu’alors empêché tout conflit armé dans la région. On peut considérer ici qu’il n’a pas eu véritablement conscience des dangers auxquels sa politique pouvait mener.

Dans un tel contexte, le Premier ministre Abe a établi de solides relations de confiance avec le président Trump, plus profondes que celles des autres dirigeants à son égard. Grâce à cette approche, ne pourrait-il pas le convaincre habilement de ne plus se servir de la question de la sécurité en Asie de l’Est comme levier pour faire fructifier son commerce extérieur ? Et M. Abe devrait également, à l’occasion de cette entente, faire preuve de leadership en vue de faire de la région Asie-Pacifique une zone d’échanges libres et équitables. Voilà l’idéal à atteindre pour garantir la tranquillité des eaux de l’Asie de l’Est.

(D’après un original japonais du 17 février 2017. Photo du titre : Abe Shinzô et Donald Trump à la conférence de presse commune à l’issue de leur premier sommet à la Maison Blanche, le 10 février 2017. Jiji Press)