Battre au rythme de la vie

Ôkura se souvient du soir où il a rassemblé des amis pour un récital d’ôtsuzumi au bord de la mer sous la pleine lune. La soirée était imprégnée d’une force mystique depuis longtemps absente des vies hyperactives que nous menons aujourd’hui. La lune et le vent, le chant des vagues et le son du tambour fusionnaient en un tout unique, au sein duquel toutes les personnes présentes – les musiciens comme leurs auditeurs – ont pu partager une expérience inoubliable, source de nouvelles connexions et de nouvelles ouvertures.

La croyance que « les arts du spectacle, de tout temps, ont eu le pouvoir d’élever le cœur humain » a guidé Ôkura sur ce chemin. Dans le théâtre nô, dit-il, la célébration de l’esprit ne s’exprime pas directement, mais par le truchement de l’abstraction et du symbole. Il s’agit d’un processus sans cesse renouvelé d’harmonisation de la « pulsation de la vie » avec les « battements de cœur de l’univers », et le rôle d’Ôkura sur scène consiste à perpétuer cette harmonie avec son ôtsuzumi.

« Il me reste encore tellement à faire et accomplir », dit Ôkura.

Ôkura Shônosuke est un remarquable artiste qui persiste à parcourir le monde, ôtsuzumi en main, en quête de rencontres enrichissantes. Il ne fait pas de doute que le message qu’il communique de façon totalement désintéressée avec son tambour continuera d’émouvoir les gens de par le monde.

Né dans une culture traditionnelle riche de plus de 600 ans d’histoire, Ôkura, grâce à la rigueur de sa discipline personnelle, accomplit des prodiges depuis plus d’un demi-siècle, à la fois en perpétuant la tradition et en innovant en son sein. À la dernière question : « Que signifie pour vous tout ce que vous avez appris au cours de ces nombreuses années ? », il nous répond :

« Pour parler franchement, j’ai le sentiment que je viens juste de commencer mon voyage et que je n’ai rien maîtrisé du tout. Il y a encore tellement à apprendre. »

Peut-être cette humilité offre-t-elle la meilleure preuve qu’Ôkura, à travers sa quête incessante de l’ultime, a bel et bien maîtrisé un art traditionnel.

(D’après un original en japonais. Photos : Yamada Shinji, avec la collaboration du Théâtre nô de la Cerulean Tower et de Nature Body House de Roppongi)

Les ateliers d’ôtsuzumi d’Ôkura Shônosuke

Ôkura a mis en place une série d’ateliers où les participants peuvent s’essayer à l’ôtsuzumi sous sa conduite. Les résidents étrangers au Japon et les voyageurs en visite qui souhaitent enrichir leur connaissance de cet instrument sont les bienvenus. Pour plus de détail, envoyer un e-mail à :
office(at)tsuzumido.jp