C’est après une grave maladie osseuse à 18 ans qui la laisse paralysée de la jambe gauche que Kaneki Emi a découvert le volley-ball assis. La championne est enthousiaste à l’idée de montrer ce que l’équipe japonaise sait faire à l’occasion des Jeux paralympiques de Tokyo, face aux États-Unis et à la Chine, les deux nations qui dominent le sport.
Une précieuse expérience acquise aux Jeux paralympiques
Le volley-ball assis est un handisport qui se joue avec le haut du corps, les fesses devant être en permanence en contact avec le sol. Les règles de base sont semblables au volley-ball traditionnel (une équipe de 6 joueurs, en 3 sets de 25 points), à la seule différence qu’il se joue assis, et que la hauteur du filet et les dimensions du terrain sont réduites.
Kaneki Emi est actuellement la pièce maîtresse de l’équipe féminine nationale du Japon, avec deux participations aux Jeux paralympiques de Beijing 2008 et Londres 2012. Et cela, tout en menant une carrière d’employée marketing d’une grande société de courtage financier, et en élevant un fils actuellement en 3e année d’école primaire.
Son premier contact avec le volley-ball assis date de sa 19e année, à l’occasion d’une visite du centre handisport de la ville de Kobe, sur une recommandation d’un coach. Elle avait eu l’occasion de pratiquer le volley classique quand elle était collégienne, avant sa maladie. Elle fut rapidement sélectionnée dans l’équipe nationale, mais celle-ci fut éliminée lors du dernier tour de qualification des Jeux paralympiques d’Athènes en 2004.
« Jusque-là, je pratiquais le sport dans la cadre de la rééducation après ma maladie, je n’avais absolument pas les Jeux paralympiques en tête. Mais notre élimination en dernière phase de qualification a allumé la flamme en moi ! C’était à notre portée si nous y mettons tout notre cœur. »
Quatre ans plus tard, l’équipe se qualifiait pour les Jeux paralympiques de Beijing, et Kaneki était nommée capitaine de l’équipe féminine nationale. Malheureusement, le tournoi se termina sans aucune victoire.
« Ce résultat n’était pas étonnant, quand on pense que l’équipe s’est jetée dans la compétition en n’ayant quasiment pas eu l’occasion d’effectuer de stage d’entrainement. Moi-même, j’étais très inexpérimentée comme capitaine. »
L’expérience de Beijing a néanmoins produit un grand changement sur Kaneki. La joueuse s’est rendu compte que l’atmosphère qui régnait aux Jeux paralympiques était très différente de celle des Championnats d’Asie auxquels elle avait participé jusque-là : le stade rempli, pavoisé de toutes les couleurs, les supporters dans les tribunes qui encouragent l’équipe de la voix… L’énergie environnante était tellement intense qu’elle avait peur d’être avalée par elle. Mais d’un autre côté, cela lui a fait ressentir une nouvelle hargne de vaincre, comme capitaine de l’équipe nationale, une source de fierté et de responsabilité.
« Je ne peux pas encore dire ce qu’il y a de bien dans ma vie, mais ce qui est sûr, c’est que si je n’avais pas été handicapée, je n’aurais jamais eu l’expérience des Jeux paralympiques. »



