Pas question de pleurnicher !

Elle avait 18 ans. Elle avait toujours été bonne en calcul et rêvait de travailler dans une banque. Elle avait choisi de s’orienter vers des études commerciales au lycée. Elle avait obtenu une promesse d’embauche dans une banque de sa ville à la fin de ses études, et était très motivée d’entrer dans la vie active. Quand soudain, une semaine à peine après avoir commencé de travailler, elle ressentit une violente douleur dans la cuisse gauche. Un ostéosarcome fut diagnostiqué. Hospitalisation immédiate…

« La première chose que j’ai demandé au docteur, c’est : “je ne pourrai plus aller au travail ?” Pour moi, le fait de ne plus pouvoir travailler à la banque était plus important que la gravité de ma maladie. »

La situation a empiré rapidement. L’ostéosarcome est un type de cancer osseux, et dans sa tête, cancer signifiait : mourir. Mais la peur que son avenir soit coupé brutalement s’est progressivement dissipée grâce au soutien de sa famille. Sa mère, interprétant chaque mouvement du mental de sa fille, resta à son chevet jour après jour. Son père et ses deux frères, se libéraient autant qu’ils pouvaient pour venir la voir à l’hôpital.

­­« Devant le dévouement de ma famille, j’ai décidé qu’il n’était pas question pour moi de pleurer sur mon sort, quelle que soit la douleur. Bien sûr, j’ai perdu mes cheveux, je suis tombée des tas de fois dans les toilettes, j’étais prise de vomissements, j’étais souvent au bord des larmes, mais de toute façon, ce n’est pas pleurnicher qui m’aiderait à guérir, au contraire, ça ne rendrait la situation que plus pénible pour ma famille. »

Kaneki Emi sortit de l’hôpital au bout d’un an. C’est en recevant un certificat d’invalidité de la mairie qu’elle prit pour la première fois conscience d’être effectivement devenue une handicapée. Elle avait évité l’amputation, mais avec une broche métallique à l’intérieur de l’os, elle ne pourrait plus plier le genou.

L’éveil au plaisir du volley-ball assis.

Le volley-ball assis, que Kaneki Emi commença à pratiquer après sa sortie d’hôpital, s’avéra un sport beaucoup plus difficile qu’elle ne l’estimait. Le terrain est plus petit qu’un terrain de volley classique, le filet est plus bas, mais mis à part le court instant où l’on reçoit le ballon, on ne décolle pas les fesses du sol.

Depuis son enfance, le volley-ball était associé dans son esprit à l’image des attaques portées en sautant. Ce ne fut pas facile de se défaire de cette habitude. Au début, elle commit de nombreuses fautes. Mais sa mère qui l’accompagnait lui dit : « Je ne t’avais jamais vue si heureuse ! »

Elle se mit donc à pratiquer le volley-ball assis tous les week-ends.

Bien sûr, la récidive toujours possible de son cancer était une angoisse permanente, mais une fois passé le cap des 5 ans de rémission, à 23 ans, elle s’est mariée. Depuis lors, elle se donne à son métier, son foyer, l’éducation de son enfant, et les entraînements de volley-ball assis, tout en s’efforçant de faire connaître cet handisport à des personnes non-handicapées.