Un prestige en déclin
Dans cette série de dix articles, j’ai tenté de retracer le développement du bouddhisme japonais depuis les années de vie du bouddha historique Shakyamuni (vers 500 avant J-C) jusqu’à nos jours. Avec ce dernier volet, j’aimerais envisager ce que l’avenir pourrait lui réserver. Une chose semble certaine : le bouddhisme sous sa forme actuelle va décliner. Je veux dire par là que sa base économique continuera de s’affaiblir, et que le nombre de temples et de prêtres diminuera encore. Et bien qu’il existe encore une certaine demande pour que les prêtres bouddhistes viennent officier lors des funérailles et d’autres cérémonies traditionnelles, il ne sera certainement plus possible de garder la même influence et le même nombre de religieux que le bouddhisme japonais avait su maintenir pendant tant de siècles. L’impact et la portée de ses activités vont donc se réduire.
Ceci s’applique également aux nouvelles organisations bouddhistes qui ont connu une croissance spectaculaire dans les décennies suivant la guerre, et qui verront elles aussi le nombre de leurs adeptes diminuer et leur influence politique s’affaiblir. Au mieux, le bouddhisme japonais peut espérer survivre en tant qu’organisation religieuse discrète et modérée.
Il me semble toutefois probable, parallèlement à ce déclin régulier, qu’un nombre croissant d’individus se tournent de nouveau vers le bouddhisme pour trouver du réconfort sous une forme ou une autre, alors même que les organisations officielles de la religion se réduisent. À mesure que la situation mondiale se fait chaotique et que l’avenir devient incertain, les gens auront besoin d’un refuge spirituel. Il est bien difficile d’échapper à la souffrance inhérente à l’existence humaine en ayant une vision purement scientifique du monde. Dans ces circonstances, les gens auront de plus en plus tendance à s’interroger : « Quels étaient les enseignements originaux du bouddhisme ? La religion peut-elle nous aider à résoudre les tensions et les angoisses de la société contemporaine ? » En ce sens, le bouddhisme a un rôle plus important à jouer aujourd’hui qu’il n’en a jamais eu auparavant.
En conclusion de la série
Dans cette série, j’ai essayé de faire un résumé général de l’histoire du bouddhisme en tant que religion organisée au Japon. Par conséquent, plusieurs de mes écrits se sont concentrés sur la hiérarchie bouddhiste lorsqu’elle agissait pour défendre ses propres intérêts. C’est très certainement l’un des aspects les plus importants de l’histoire du bouddhisme, mais il ne saurait en expliquer seul l’intégralité. Une autre aventure a été vécue individuellement par les êtres humains qui ont sincèrement cru dans ces enseignements et les ont placés au centre de leurs vies.
Au-delà des structures officielles de la religion, il est indéniable que l’exemple des moines bouddhistes et des laïcs qui ont vécu selon les préceptes de leur foi a laissé une impression positive sur de nombreuses personnes. C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles le bouddhisme continue d’être estimé en tant que force dans la société jusqu’à aujourd’hui. L’objectif de mes textes a été de fournir une vue d’ensemble de l’histoire du bouddhisme japonais, et par conséquent, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de parler des individus qui ont fait cette religion, mais cet aspect est également essentiel pour en avoir une compréhension globale.
J’espère sincèrement que les enseignements de Shakyamuni continueront d’apporter la paix et le salut au plus grand nombre de personnes à l’avenir, et c’est sur cette note que je souhaite conclure cette série d’articles sur l’histoire du bouddhisme au Japon.
(Photo de titre : Pixta)
