30 000 échantillons de capsules génétiques « longue durée », perspectives d’avenir

Les échantillons collectés peuvent s’avérer utile à la recherche en vue de protéger les espèces menacées.

Le docteur Ônuma a travaillé précédemment dans un centre de réadaptation d’orangs-outans en Malaisie, où il s’occupait d’individus qui avaient été blessés par des hommes et les préparait au retour à la vie sauvage. Le dévouement que lui et ses collègues investissaient dans cette tâche méritoire ne suffisait pas à sauver tous les individus. Qu’aurait-il fallu faire ? Le docteur Ônuma cherchait une réponse à cette question quand il entendit dire que le zoo de San Diego préservait par la cryogénie des tissus et des cellules. « Bien évidemment, il est important de faire tout ce que vous pouvez pour sauver l’individu que vous avez devant vous. Mais je me suis rendu compte qu’à long terme la recherche en vue de préserver l’information génétique pouvait permettre de sauver un plus grand nombre de spécimens et d’espèces. Des recherches sont déjà en cours aux États-Unis pour obtenir des cellules souches et des clones à partir d’échantillons biologiques. Plutôt que de reproduire le même genre de recherche, nous espérons que l’analyse de nos échantillons d’information génétique nous aidera à sauver des espèces menacées et nous permettra de progresser dans le combat contre des maladies transmissibles telles que la grippe aviaire. »

L’utilisation des capsules environnementales longue durée pour échantillons a commencé en 2004. Il existe déjà cinq cuves, qui contiennent 30 000 échantillons. L’institut pense que ses installations actuelles vont lui permettre de poursuivre la collecte d’échantillons pendant encore vingt ans.

Les « capsules environnementales longue durée pour échantillons » de l’Institut national pour les études environnementales.

C’est à l’Institut national pour les études environnementales que des cellules de Kin et Midori, les derniers ibis japonais à crête nés à l’état sauvage dans l’Archipel, sont préservées. Même après l’extinction des ibis au Japon, leur vie a été prolongée au niveau cellulaire. Peut-être un jour de tels échantillons issus de la cryoconservation apporteront-ils une contribution essentielle à la sauvegarde des écosystèmes de la Terre. Ces capsules longue durée maintenues à une température de moins 150 degrés renferment le souffle chaud de la vie.

Des cellules cultivées à partir de la peau d’animaux appartenant à des espèces menacées d’extinction — à droite : râle d’Okinawa ; à gauche ibis à crête (avec l’aimable autorisation de l’Institut national pour les études environnementales).

 

Prolifération de cellules provenant du râle d’Okinawa : les cultures cellulaires ont commencé cinq jours après la mort. De telles cultures à partir de tissus cutanés et musculaires prélevés sur des individus morts peuvent servir à un vaste éventail de travaux de recherche (avec l’aimable autorisation de l’Institut national pour les études environnementales).

 

(Original en japonais écrit par Hayashi Aiko. Photographies de Hans Sautter.)