L’empereur Akihito abdiquera le 30 avril. Les cérémonies accomplies depuis un an sont donc les dernières de son règne. Nous revenons sur celles qui ont rythmé les cinq mois qui viennent de s’écouler.
La dernière fête de la récolte célébrée par l’empereur
Le 23 novembre 2018 a eu lieu le Niiname-sai, la fête de la récolte. Ce rite, dont on dit qu’il remonte à l’époque Asuka (538-710), a été célébré par l’empereur au palais Shinka-den, un établissement sacré situé dans l’enceinte même du palais impérial à Tokyo. Le souverain était pour cette occasion vêtu d’habits traditionnels bien différentes des tenues occidentales qu’il porte au quotidien.
Le Japon a longtemps été un pays agricole, et les récoltes des « cinq céréales », dont le riz est la principale, ont toujours été honorées par des célébrations. Le Niiname-sai, ou « nouvelle gustation des prémices », est celle où l’empereur manifeste sa reconnaissance aux dieux en leur offrant des céréales nouvellement récoltées, puis en les mangeant. Parmi elles figure le riz repiqué par l’empereur lui-même en mai dans sa rizière privée.
Le Niiname-sai comporte deux temps, le rite du soir, ou yoi-no-gi, qui commence à 18 heures et finit à 20 heures, et le second, rite de l’aube, akatsuki-no-gi, de 23 heures à 1 heure du matin. En raison de son âge avancé (alors 84 ans), l’empereur n’a participé qu’à la deuxième partie du yoi-no-gi. Le prince héritier Naruhito et son frère, le prince Akishino, ainsi que le Premier ministre Abe Shinzô assistaient à ce rituel réalisé à la lumière des torches. La dernière cérémonie Niiname-sai de l’ère Heisei a eu lieu en suivant la tradition au cœur de la capitale immense.
Les rites et cérémonies du palais impérial (prières du Nouvel An, fêtes du printemps et de l’automne, célébration de l’anniversaire de l’empereur) pourraient être décrites comme des fêtes de la famille impériale. En effet, elles sont destinées à permettre à l’empereur de prier pour la prospérité et la paix de la nation et de son peuple. Après la guerre, le souverain a perdu son statut de divinité incarnée, et ces cérémonies sont devenues des rites de la maison impériale, entièrement financées par celle-ci. Le souverain les a accomplis avec passion et y a presque toujours participé tant que son état de santé le permettait.
