Le dernier Nouvel An comme empereur
Au palais impérial, les cérémonies du Nouvel An commencent toujours à l’aube du 1er janvier. Il y a tout d’abord le Shihô-sai, rite dans lequel l’empereur se prosterne devant les dieux des quatre directions, dont celle du sanctuaire d’Ise où sont vénérés ses ancêtres, et celles des tombes de ses prédécesseurs. Ensuite, pendant la matinée, il reçoit, aux côtés de l’impératrice, les vœux des membres de la famille impériale, puis des représentants du pouvoir exécutif (le Premier ministre Abe Shinzô), législatif et judiciaire. L’après-midi est consacrée aux vœux des 130 ambassadeurs présents au Japon. Ce dernier jour de l’An a probablement été très fatigant pour un homme âgé de 85 ans.
L’ouverture au public de la place devant le palais impérial le 2 janvier était la dernière occasion pour les Japonais de voir et d’entendre l’empereur actuel. Pas moins de 30 000 personnes attendaient déjà devant les grilles avant leur ouverture. Il était prévu que la famille impériale salue la foule à cinq reprises. À la demande du souverain, il y en a eu deux de plus, et il n’a quitté définitivement le balcon qu’après 16 heures, sous les applaudissements fervents du public.
30 ans depuis la mort de Hirohito...
Le 7 janvier, l’empereur et l’impératrice ont commémoré le 30e anniversaire de la mort de l’empereur Hirohito au mausolée de Musashino, qui se trouve dans la ville de Hachiôji. Une autre cérémonie en son honneur a été réalisée dans le sanctuaire Kôrei-den, dans l’enceinte du palais, où sont vénérées les âmes des précédents empereurs et membres de la famille impériale. Le prince héritier Naruhito et sa femme Masako, tous deux vêtus d’habits de cour traditionnels, y ont participé. C’était la première fois depuis trois ans que la princesse Masako, de santé fragile, pouvait le faire.
Le 11 janvier a eu lieu le Kôsho-hajime, une cérémonie pendant laquelle des intellectuels éminents présentent à l’empereur une conférence sur leur spécialité, puis le 16, le Utakai-hajime, ou première lecture de poèmes. Celle-ci, la dernière des cérémonies de la nouvelle année, remonte à 1267. Elle est aujourd’hui organisée au palais impérial avec la participation de citoyens, et constitue un lien entre la famille impériale et le peuple.
Pour la dernière année de son règne, le souverain a lu un poème dans lequel il évoquait des tournesols qui avaient refleuri dans le jardin d’une victime du Grand tremblement de terre de Kobe en 1995. On y entend sa sympathie pour les victimes des désastres.
Okurareshi
himawari no tane wa
hae soroi
ha wo hiroge yuku
shoka no hikari ni
Ces tournesols nés
De graines offertes
Ont poussé très haut
Leurs belles feuilles déployées
Sous le soleil du début de l’été

