Aider au développement de la collectivité, les entreprises s’engagent

La NGK a été la première à se lancer et à s’impliquer directement dans l’organisation de l’aide. Quelques années en arrière, le responsable du projet avait lancé l’idée d’un soutien scolaire et avait choisi Komaki, car c’est dans cette commune qu’est basée l’entreprise. Il souhaitait participer au développement de la collectivité et a choisi de se tourner vers Cosmos Support qui était basée sur la commune. « Notre firme compte près de 500 salariés étrangers en contrat de courte durée », explique Morikawa Takahiro, responsable du pôle management de NGK. « Nous nous sommes demandé ce qui était en notre pouvoir car nous voulions aider les familles des travailleurs étrangers installées dans la région. Nous avons décidé de lancer un projet pilote pour venir en aide aux enfants dans leur scolarité, que grâce à leur maîtrise du japonais, les enfants puissent s’insérer dans le monde du travail et servir de pont entre le Japon et leur pays d’origine. » Pourquoi Cosmos Support ? « Le soutien en japonais peut se découper en trois volets : japonais basique pour la vie de tous les jours, japonais pour la conversation courante ou japonais scolaire. En tant qu’entreprise, nous avons pensé qu’il était important d’offrir un lieu où les enfants pourraient se familiariser avec le japonais scolaire, si indispensable à celui qui veut passer des examens ou trouver un emploi. »

Moriwaki Takahiro dirige le pôle management de NGK. « Nous avons commencé en 2019 à penser un système de soutien scolaire destiné aux enfants étrangers. »
Moriwaki Takahiro dirige le pôle management de NGK. « Nous avons commencé en 2019 à penser un système de soutien scolaire destiné aux enfants étrangers. »

NGK a élargi son programme de soutien scolaire au-delà de la commune de Komaki. Depuis novembre 2023, la firme a également ouvert des locaux dans un centre social de Handa, où se trouve son antenne de Chita. D’autres grandes entreprises de la préfecture envisagent de suivre son exemple.

Dans la salle de classe trônent des photos d’enfants en train d’étudier ou de faire des activités extra-scolaires.
Dans la salle de classe trônent des photos d’enfants en train d’étudier ou de faire des activités extra-scolaires.

Former par tutorat

Des mesures pour augmenter le personnel enseignant ont également été mises en place. Depuis 2022, un projet innovant a été lancé à Aichi, le « tutorat » de bénévoles consiste à recruter des salariés dans les entreprises et à les convier à des « rencontres » pour une mise en commun et un partage de savoir-faire.

Cinq rencontres ont été organisées depuis 2022, elles ont regroupé 188 salariés de 29 entreprises intéressés par le bénévolat et 37 responsables de classes à la recherche de personnel. « La plupart des participants (toutes tranches d’âge confondues) ayant commencé à faire du bénévolat à la suite à ces rencontres, sont des femmes, explique Iwahara. Certaines ont accompagné leur mari ou un parent en mission à l’étranger et ont été accueillies chaleureusement sur place. Elles souhaitent désormais rendre la pareille et œuvrer comme bénévoles. » Il a été prévu d’élargir le cercle des participants et d’ouvrir les rencontres aux associations ou aux universités.

Au total, 70 % des répondants au questionnaire distribué aux participants disent avoir voulu commencer à s’engager comme enseignant bénévole en conséquence de cette rencontre. Iwahara analyse : « Ces rencontres servent de tremplin et incitent les citoyens à s’engager dans le bénévolat. C’est le fruit de trois années d’efforts. »

Les défis sont relevés un par un. Les entreprises qui emploient des travailleurs étrangers veulent aider leurs enfants à s’intégrer et initier un nouveau cycle bénéfique à la collectivité toute entière. L’initiative de la préfecture d’Aichi n’a pas encore porté tous ses fruits mais déjà, ce projet novateur essaime et fait des émules.

(Photo de titre : cours de soutien en japonais proposés gratuitements dans les locaux de NGK. Photo prise à Komaki, préfecture d’Aichi. Toutes les photos : © Tanaka Keitarô)