Vingt-sept années au sommet

On parle souvent de « machines-mères » pour désigner les machines-outils. Elles jouent un rôle essentiel dans la fabrication de tous les produits de l’industrie, depuis les voitures, les avions et les trains jusqu’à des objets d’usage quotidien comme les téléphones mobiles, les appareils photos et les montres. Elles sont véritablement les « machines qui font les machines ».

Comme nous l’avons dit plus haut, le niveau de développement d’un pays dans le secteur des machines outils entretient un lien étroit avec son taux de croissance économique. Sachant cela, il est intéressant de jeter un regard sur l’évolution du PNB et des secteurs clés de l’industrie au Japon depuis la fin de la seconde guerre mondiale (graphique 1). Pendant la période de croissance rapide qui va de 1956 à 1973, quand le taux de croissance annuelle moyen atteignait 9,1 %, le développement accéléré de l’industrie lourde et de l’industrie chimique — à savoir l’acier, les produits chimiques, le matériel électrique lourd et la construction navale — constituait le moteur principal de l’économie japonaise, laquelle a eu besoin de ces activités pendant dix ans pour sa propre reconstruction.

Pendant la période suivante, entre 1974 et 1990, alors que le chiffre moyen de la croissance annuelle était de 4,2 %, ce sont la construction automobile, les petits appareils électriques et le secteur de la transformation et de l’assemblage qui ont pris la relève, à mesure que le Japon devenait l’usine du monde. La maturation de l’économie du Japon et de ses activités industrielles s’est poursuivie entre temps et la tendance est aujourd’hui en faveur des activités liées à l’environnement et aux soins médicaux. Parallèlement, une conversion est en cours dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) de l’industrie lourde et de l’industrie chimique vers la transformation et l’assemblage.

Le graphique 2 donne les chiffres de l’évolution de la production de machines-outils d’usinage dans les grands pays (données tirées d’une étude effectuée par la société américaine Gardner Publications Inc.). La valeur totale de la production pour 28 pays a avoisiné 48,23 milliards de dollars en 2010. Le Japon arrivait en second (10,54 milliards de dollars, 22 %), derrière la Chine (14,59 milliards, 30,2 %) et devant l’Allemagne (6,83 milliards, 14,2 %). Depuis quelques années, ces trois pays dominent le marché. C’est en 1982 que le Japon, propulsé par la fabrication en grandes séries d’automobiles, a évincé les États-Unis en tant que premier producteur mondial de machines-outils, après quoi il a occupé la première place pendant 27 ans, jusqu’en 2009.