Pour une « action positive »
La troisième mesure, « garantir qu’il y ait au moins une femme parmi les cadres dirigeants de chaque société » me plaît parce qu’elle est facile à comprendre. Pour qu’une femme devienne cadre dirigeant, il faut augmenter l’implication des femmes dans la vie professionnelle, et faire progresser le pourcentage des femmes dans les professions d’encadrement. La loi sur l’égalité des sexes dans l’emploi a été adoptée il y a 27 ans. Les entreprises accordent aux hommes et aux femmes des opportunités égales, mais les femmes ne parviennent pas à avoir la même vie professionnelle que les hommes et n’occupent que 10 % des postes d’encadrement. Cela montre qu’il faut plus que l’égalité des chances hommes-femmes pour faire disparaître la discrimination vis-à-vis des femmes. Pour y arriver rapidement, des mesures spéciales, du type « action positive », sont nécessaires.
Il est indispensable de fixer des objectifs chiffrés à chaque entreprise en fonction de sa situation propre. Pour y arriver, il faut non seulement aider les femmes à trouver l’équilibre entre le travail et l’éducation de leurs enfants, mais aussi mettre en place des mentors ou des femmes qui puissent servir d’exemples pour la formation des ressources humaines féminines ou la manière de les apprécier.
J’appelle le gouvernement à agir et à rendre obligatoire ces mesures d' « action positive » dans toutes les entreprises.
Éliminer les heures supplémentaires
Une mesure importante est absente du programme du premier ministre pour stimuler la participation des femmes à la vie économique : la révision de l’éthique du travail au Japon. Aujourd’hui, on trouve normal de travailler de très longues heures et d’accepter des mutations n’importe où au bon vouloir de l’employeur. Cet éthique du travail présuppose que chaque homme est marié avec une femme qui a choisi de rester à la maison pour le soutenir. Une femme qui a des enfants ne peut pas travailler de cette manière. Cela explique que même si les femmes qui ont des enfants parviennent à continuer à travailler, leurs employeurs ne s’attendent pas à ce qu’elles occupent des fonctions importantes chez eux.
Pour que les femmes puissent continuer à travailler en élevant leurs enfants, et que certaines d’entres elles occupent des postes d’encadrement et accèdent à la fonction de cadre dirigeant, il faut changer l’éthique de travail et passer à un mode dans lequel les heures supplémentaires ne sont plus considérées comme allant de soi. Seuls les dirigeants des entreprises peuvent en faire une réalité, mais différents dispositifs réglementaires, notamment l’obligation de mieux payer les heures supplémentaires, peuvent les aider à y arriver.
Voilà, en quelques mots, mon point de vue sur les mesures à prendre pour promouvoir la participation des femmes à la vie économique. Cela peut sembler demander beaucoup, mais je suis convaincue que la vie professionnelle des femmes sera radicalement transformée si seulement deux d’entre elles deviennent des réalités : des places en crèches pour tous, et la disparition des heures supplémentaires.
(D’après un original écrit en japonais le 10 juin 2013)