Il faut mettre en place une aide aux activités Cool Japan
Le Japon est très en vogue en Europe aujourd’hui, comme l'atteste le succès de la Japan Expo. Il reste cependant de nombreux problèmes à résoudre pour créer un système capable de le pérenniser , et d’en faire une source de revenus pour l’économie japonaise.
Je pense par exemple à DFS, la plus grande chaîne de magasins duty-free au monde, qui fait partie du groupe LVMH. Les touristes japonais rapportent beaucoup d’argent à cette société qui exploite 150 magasins duty-free dans quinze pays d’Asie.
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Ce n’est pas tout. L’argent que dépensent les touristes étrangers au Japon, dont le nombre croît rapidement depuis quelques années, va aussi à des entreprises étrangères. Une grande surface duty-free Lotte, du groupe coréen éponyme, a ouvert en 2014 dans l’aéroport international du Kansai, et une autre doit ouvrir cette année dans le quartier de Ginza à Tokyo. Les touristes chinois qui achètent massivement quand ils voyagent feront donc fructifier cette société coréenne. Le gouvernement proclame son objectif de faire du Japon un grand pays touristique, mais la réalité est fort différente.
Tel est le contexte dans lequel le Japon a crée en 2013 le Cool Japan Fund pour soutenir financièrement l’expansion internationale des entreprises japonaises. Mais il serait difficile de dire que cette popularité du Japon à travers le monde conduit aujourd’hui à des revenus accrus pour le Japon.
La raison en est qu’il n’existe pas encore de système qui protège sur le plan juridique ceux qui veulent se lancer dans les affaires à l’international en assurant la promotion de la culture et de la nourriture japonaises. Aujourd’hui, le succès de la culture nippone ne se traduit pas par une plus grande facilité pour les Japonais qui se lancent dans de tels projets à l’étranger.
Paris déborde de produits japonais, mais il n’existe pas encore de structure permettant aux bénéfices réalisés par les produits japonais de revenir à l’Archipel. En effet, les sociétés qui fournissent ces produits japonais aux consommateurs sont français. De plus, ces produits qui sont essentiellement fabriqués par de grandes entreprises japonaises ne parviennent pas à répondre à la demande française. Une PME japonaise souhaitant s’implanter en France devra surmonter de nombreux obstacles.
Ce qui empêche les PME japonaises de progresser en Europe
Le gérant d’une société qui loue des espaces de vente et de promotion situés à Paris aux PME japonaises m’a expliqué que de nombreux problèmes se posent lorsqu’une entreprise veut y faire du commerce. Il y a par exemple la question du bail commercial, ou encore celle de la distribution. Les dirigeants de PME utilisent souvent les procédures douanières simplifiées, ce qui rend les produits plus chers. À moins que la distribution internationale ne soit améliorée, les PME continueront à avoir des difficultés à faire des affaires en Europe.
On voit que simplement fournir des fonds aux PME pour les aider à se lancer à l’étranger ne permettra pas d’assurer que la popularité de la culture nippone « rapporte au Japon ». Il est indispensable de comprendre la demande qui existe à l’étranger pour les produits et les services japonais et de fournir une aide adaptée aux entreprises qui souhaitent se lancer pour répondre à cette demande. Ce sont souvent des PME qui n’ont pas la capacité de résister aux entreprises étrangères.
Créer un fonds d’affaire
Le problème est de créer des opportunités d’affaires pour la culture pop japonaise, c’est-à-dire pour les artistes et leur production qui ont su se créer un public ou encore pour les créateurs japonais de mode, dont la Japan Expo prouve le succès qu’ils connaissent. Comment créer une structure qui fasse naître des profits en systématisant la marque japonaise inébranlable ?
La popularité du Japon est une réalité à travers le monde, ses ressources en matière de créativité sont aujourd’hui amplement reconnues dans le monde. La Japan Expo est le lieu où ce phénomène se manifeste le plus clairement. Il faut prendre conscience qu’aujourd’hui, 15 ans après la création de cette manifestation, il existe un risque que cela s’achève comme cela avait commencé. Le moment est venu pour le secteur public et le secteur privé d’unir leurs connaissances pour faire en sorte d’élargir ce succès aux entreprises japonaises à l’étranger.
(D’après un original en japonais du 15 juin 2015. Photo de titre prise par l’auteur)
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