Un premier pas vers la protection juridique des travailleurs intérimaires
Malgré les lacunes regrettables de la version révisée de la loi, tant en termes d’établissement de l’égalité de traitement entre tous les travailleurs que de promotion du recours à des entités tels que les syndicats ou autres instances représentatives des salariés pour les relations patronat-salariat, en dépit aussi de ses déficiences en ce qui concerne bien d’autres détails, elle reste fondamentalement correcte dans son orientation, à savoir la transition vers une législation fondée sur des principes mondialement partagés. Malheureusement toutefois, on ne trouve pratiquement aucune reconnaissance de ce fait ni dans les délibérations de la Diète ni dans les commentaires des médias sur le sujet.
Ce que nous avons entendu en revanche, ce sont des plaintes sous un double prétexte : d’une part l’autorisation de la mise à disposition des employés à durée indéterminée des sociétés de placement pour des périodes excédant trois ans dans le cas des emplois « ordinaires » (lesquels incluent des tâches communément considérées comme hautement spécialisées, telles que les professions touchant aux soins médicaux) allait instituer « l’intérim à vie » ; d’autre part c’était une terrible chose que d’imposer un maximum de trois ans à la durée jusque-là illimitée du recours à l’intérim pour des postes « spécialisés » (lesquels, nous l’avons vu plus haut, consistent en fait dans une large mesure en travail de bureau et de secrétariat confié à des OL), parce que cela trahissait les attentes des travailleurs intérimaires qui espéraient rester plus longtemps chez un employeur. Il est certes possible de trouver des arguments logiques à l’appui de chacune de ces critiques, mais les gens qui les formulent ne semblent pas se rendre compte de la contradiction qu’il y a à les formuler simultanément.
Quoi qu’il en soit, l’entrée en vigueur de la version révisée de la Loi sur l’emploi temporaire a finalement fait table rase de l’obsession de la prévention du recours aux intérimaires pour remplacer des salariés permanents de sexe masculin, et elle constitue un premier pas vers la protection des travailleurs intérimaires. Après quoi il faudra bien aborder la question de l’égalité de traitement avant expiration de la période de trois ans fixée par la loi « à travail égal, salaire égal ». On peut aussi s’attendre à voir une autre question figurer à l’agenda politique – celle des moyens à mettre en œuvre pour faire participer les syndicats et autres entités représentatives des employés aux relations patronat-salariat.
(D’après un original en japonais publié le 5 novembre 2015.)▼A lire aussi
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