Les coupables de la détérioration des relations bilatérales

En Corée du Sud, où l’influence de la culture confucianiste qui met l’accent sur les valeurs éthiques est forte, la théorie de la dichotomie est dominante. Les spécialistes de la Corée du Sud estiment que c’est une culture des extrêmes, sans position médiane. Ils vont même jusqu’à dire que c’est une éthique du noir et du blanc, où le gris n’existe pas. Les solutions grises à la japonaise ne sont pas aimés. C’est pour cela que dominent les affirmations qui manquent de réalisme, comme « les Japonais sont le mal », « les femmes de réconfort ont été recrutées sous la coercition », « Abe Shinzô est un militariste », ou encore « le Japon veut s’emparer de Dokdo (Takeshima) par la force ». Cela rend difficile des opinions plus réalistes, qui permettraient de dire qu’il y a de bons et de mauvais Japonais.

À l’époque de la guerre froide, ces théories des extrêmes (« le communisme est le mal », ou encore « la Corée du Nord est une dictature qui ne veut que la guerre ») dominaient. C’est pour cela qu’une relation amicale avec le Japon était indispensable. Avec la fin de la guerre froide, de nouvelles théories du noir et du blanc sont nées : « la Chine n’est pas une menace », ou « les dirigeants nord-coréens ne sont pas des dictateurs ». Cela a conduit à l’idée que de bonnes relations avec le Japon n’étaient pas absolument nécessaires.

L’émergence de la Chine en tant que grande puissance pousse la Corée du Sud à un choix qui relève de la dichotomie, entre la Chine ou les États-Unis. Dans l’histoire des relations avec la Chine, la Corée du Sud a toujours été confrontée à sa pression et n’a eu d’autre choix que de devenir son tributaire. L’histoire se répète, et le cas coréen le montre.

Il existe en Corée du Sud une organisation qui soutient officiellement la Corée du Nord. Elle obtient environ 10 % des suffrages lors des élections et n’est donc pas négligeable. À l’arrière-plan du mouvement anti-japonais en Corée du Sud, il y a toujours eu l’influence de la Corée du Nord. Il y a eu, vis-à-vis de la question des femmes de réconfort, une solidarité entre l’extrême gauche nord-coréenne et sud-coréenne d’une part, et l’extrême gauche japonaise. Des agents secrets du service de renseignement nord-coréen ont participé au mouvement civil « Tribunal des femmes de réconfort ».

La Corée du Sud est confrontée aux manœuvres clandestines nord-coréennes tant que la péninsule est coupée en deux. Elle est aussi exposée aux pressions de la grande puissance qu’est la Chine. Face à l’affirmation de l’amitié entre la Corée du Sud et le Japon, il y a les forces espérant la détérioration de leurs relations qui continuent à se démener dans l’ombre au Japon, en Corée et ailleurs. La Corée du Sud ne peut sortir d’une politique étrangère de la dichotomie. Ses dirigeants doivent en permanence tenir la barre avec beaucoup de difficulté. C’est la réalité de notre voisin bien digne de compassion.

(Adapté de l'original en japonais du 26 août 2016. Photo de titre : la présidente Park Geun-hye pendant l’allocution du Gwangbokjeol [jour où la lumière revint], la fête nationale sud-coréenne qui célèbre la libération de la colonisation japonaise. À Séoul, le 15 août 2016. Yonhap News/Aflo)