De nouvelles perspectives pour la médecine régénérative
La médecine régénérative constitue potentiellement un autre grand champ d’application pour les cellules iPS, à travers l’usage de cellules souches pour remplacer ou régénérer les tissus endommagés. Depuis 2013, le docteur Takahashi Masayo, du Centre Riken pour la biologie du développement, conduit une étude clinique sur l’utilisation de neurones rétiniens différentiés de cellules iPS dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, responsable de nombreux cas de cécité chez les personnes âgées. Dans le même temps, et dans le cadre d’un projet mené de concert avec le fabricant d’équipement médical Terumo, le professeur de l’Université d’Osaka Sawa Yoshiki (président de la Société japonaise pour la médecine régénérative) et son équipe se sont lancés dans l’exploration du traitement des patients atteints de déficience cardiaque avancée par la greffe de feuilles cellulaires constituées de myocytes cardiaques (cellules musculaires) dérivés des iPSC. Le début des essais cliniques est prévu pour bientôt.
Le professeur Okano, de l’Université Keiô, qui dirige l’équipe chargée de la mise au point de médicaments contre la SLA, s’apprête à lancer les essais cliniques d’un nouveau procédé de transplantation sans danger de cellules souches neurales dérivées des iPSC dans le corps de patients souffrant de lésions de la moelle épinière. Et, au mois d’août de cette année, une équipe menée par le professeur Takahashi Jun, du CiRA, a annoncé que les tremblements et autres symptômes observés chez des singes atteints de la maladie de Parkinson diminuaient de façon significative après transplantation de neurones obtenus à partir de cellules iPS humaines. La confirmation de l’innocuité et de l’efficacité d’un traitement testé sur des primates constitue en règle générale la dernière étape avant les essais cliniques sur des êtres humains, essais que Takahashi espère commencer au cours de l’année 2018.
Le saint graal de la médecine régénérative basée sur les cellules iPS est la création d’organes humains entiers destinés aux transplantations. Selon les prédictions de Sawa, d’ici trente ans au maximum, la science médicale sera en mesure de produire des cœurs humains fonctionnant grâce au mécanisme relativement simple de la contraction musculaire.
En 2013, le CiRA s’est lancé dans la constitution et la conservation de stocks de cellules iPS destinées à la médecine régénérative. Ces dernières sont reprogrammées à partir des cellules de tissus de donneurs classés selon le type d’antigène des leucocytes humains (HLA), de façon à minimiser les risques de rejet immunologique. Dès la fin de l’exercice budgétaire 2017, le centre aura accumulé suffisamment de cellules iPS différentes pour couvrir 30 % de la population japonaise. La banque a d’ores et déjà fourni des cellules à des équipes de recherche engagées dans le travail mentionné plus haut concernant la dégénérescence maculaire liée à l’âge et l’utilisation des feuilles cellulaires pour régénérer les tissus cardiaques.
La diffusion à grande échelle de l’usage des cellules iPS dans la médecine continue de se heurter à de sérieux obstacles, dont la différenciation au sein de tout l’éventail des tissus humains, l’amélioration de la qualité des cellules et, par-dessus tout, la prévention de la formation de tumeurs provenant des cellules transplantées. En s’appuyant sur les résultats d’analyses séminales obtenus par Yamanaka et d’autres savants qui se situent à l’avant-garde de ce domaine, les spécialistes de la recherche clinique s’efforcent en divers endroits du Japon d’apporter des réponses à ces problèmes et de libérer le potentiel apparemment illimité de la technologie des cellules iPS.
(D’après un original en japonais du 12 octobre 2017. Photo de titre : Le professeur Sawa Yoshiki, de l’Université d’Osaka, annonce un projet d’étude clinique sur l’usage de cellules dérivées des iPSC dans le traitement de l’insuffisance cardiaque, 21 juillet 2017. Jiji Press)