Quand l'énergie nucléaire revient sur le devant de la scène

Le Japon, qui demeure un petit pays sur le plan des ressources naturelles, avec une autonomie énergétique de seulement 8 % en 2016 (dernières données disponibles), a promu activement le nucléaire en tant qu'énergie quasi-domestique. Mais le grand tremblement de terre de l’Est du Japon du 11 mars 2011 et la catastrophe de Fukushima ont radicalement fait changer les choses. Les centrales nucléaires japonaises, qui fournissaient alors environ 30 % de l’approvisionnement électrique, ont été forcées à l’arrêt, et le nucléaire a été remis en question. Le Parti démocrate alors au pouvoir avait annoncé en septembre 2012 une nouvelle stratégie pour l'énergie et l’environnement, avec l’objectif de n’avoir plus aucune centrale nucléaire à l’horizon 2030. (Voir la carte des centrales nucléaires du Japon en 2020)

Le Parti libéral-démocrate est ensuite revenu au pouvoir, et le 4e plan fondamental de l'énergie de 2014, le premier à être adopté après l’accident de Fukushima, refaisait du nucléaire une source électrique majeure. Il introduisait alors de nouveau les centrales nucléaires dans le paysage énergétique japonais. D’un autre côté, le document exprimait vouloir réduire dans la mesure du possible la dépendance au nucléaire grâce à la promotion des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique des centrales thermiques à charbon ou autre. Tenant compte de l’opinion publique opposée à la promotion du nucléaire, ce programme n’abordait ni le renouvellement du parc nucléaire ni la construction de nouvelles centrales.

Mais s’agissant des perspectives à long terme élaborées en 2015 à partir du 4e plan fondamental, l’objectif en matière de nucléaire (20 à 22 %) était à peu près au même niveau que celui des énergies renouvelables (22 à 24 %) dans le bouquet énergétique à l’horizon 2030.

Pour atteindre cet objectif, cela nécessite environ 30 réacteurs en fonctionnement, mais à l’heure actuelle, 7 ans après l’accident, seul 9 réacteurs ont été remis en route dans 5 centrales. Le chemin est donc encore long, et il faudra construire de nouvelles centrales ou remplacer celles qui existent, mais le plan 2014, comme nous l’avons déjà dit, n’abordait absolument pas cette question.