La dérive de la politique énergétique va-t-elle continuer ?
On s’attendait à un vif débat au sein de la commission consultative du ministère de l'Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI), chargée de la rédaction du 5e plan, qui a débuté pendant l'été 2017. Mais les discussions ont manqué de vigueur, le ministre Sekô Hiroshige ayant déclaré qu’il n’estimait pas nécessaire de changer la structure de la politique énergétique, notamment parce qu’il n’y avait pas eu d’innovation technologique majeure depuis le plan précédent. Sur la question du nucléaire, l'édition 2018 se contente donc de suivre celle de 2014.
L’engagement en faveur des énergies renouvelables, qualifiées pour la première fois de « source importante d’électricité », est aussi insuffisant. Selon le document, des dispositions sont certes mises en place en faisant appel à toutes les ressources disponibles, notamment par des efforts de réduction des coûts et une amélioration du réseau de diffusion, mais rien de concret n’est énoncé sur la façon de résoudre les problèmes existants, et les objectifs en termes de bouquet énergétique n’ont pas non plus été relevés.
Censé disposer d’une solide base politique, le gouvernement Abe, sensible aux tendances de l’opinion publique, n’aborde cependant pas de front la politique nucléaire, bien qu’il soit engagé dans son avancement ainsi que celui du cycle du combustible nucléaire. Voilà pourquoi les questions délicates que constituent notamment les mesures de promotion des énergies renouvelables sont reportées au prochain plan fondamental. Si le gouvernement au pouvoir à ce moment-là adopte une posture aussi hésitante, le plan énergétique qu’il mettra en place ne sera que plus frustrant car dénué de sens, et la dérive de la politique de l'énergie continuera.
(Photo de titre : Jiji Press)