De Murakami à One Piece en passant par la Game Boy
Parmi les autres personnages de la culture de l’ère Heisei, on peut citer le romancier Murakami Haruki, nominé comme candidat au prix Nobel de littérature plusieurs années de suite, sans malheureusement pour l’heure n’être jamais parvenu à remporter la précieuse récompense. Au grand étonnement de tous, c’est un humoriste, Matayoshi Naoki, qui remporte en 2015 la plus grande distinction littéraire japonaise, le prix Akutagawa, pour son livre Hibana qui sera même adapté en série sur Netflix... La vie de Kitano Takeshi connaîtra elle aussi de nombreux rebondissements : de comédien à part, il devient une figure médiatique vénérée. Il sera victime d’un accident de moto et deviendra un cinéaste de renommée internationale (Lion d’or au Festival du Film de Venise, 1997 pour Hana-bi). Se réinventant toujours lui-même, il s’adonnera à d’autres passions telles que la peinture.
Ozu et Kurosawa ont passé le relais à des réalisateurs tels que Kore-eda Hirokazu et Kawase Naomi, qui se sont faits connaître au-delà de frontières de l’Archipel. Yagira Yûya devient le plus jeune acteur à remporter le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 2004, à l’âge de 13 ans, pour sa performance dans Dare mo shiranai (Nobody Knows) de Kore-eda.
Sur le papier comme à l’écran, l’ère Heisei a été marquée par des héros masculins. Citons Conan, le petit détective du manga et anime Détective Conan, ou encore Monkey D. Luffy, du célébrissime One Piece. Ce dernier a même fait son entrée dans le Livre Guinness des records, en tant que manga le plus vendu dans le monde : plus de 450 millions d’exemplaires ! De son côté, le 22e film d’animation de Détective Conan (intitulé Meitantei Konan: Zero no shikkônin) sorti en 2018 a remporté un total de 9,2 milliards de yens (soit plus de 80 millions de dollars), attestant de l’énorme popularité du jeune limier de 7 ans.

Toutefois, être un garçon à l’ère Heisei, c’était aussi adorer les jeux vidéo. La Game Boy de Nintendo, sortie en avril 1989 à l’aube de l’ère Heisei, est devenue la console portable la plus populaire de toute l’histoire. Seule la Nintendo DS, qui lui succéde, est parvenue à la « remplacer » dans le cœur des joueurs. Mais même ce super-duo fait pâle figure à côté de la série PlayStation de Sony. Si la première PlayStation (PS1) a été lancée en 1994 et s’est vendue à plus de 100 millions d’exemplaires, la console suivante, la Playstation 2 (PS2), née en 2000, est à ce jour la console la plus vendue de tous les temps, avec 150 millions d’exemplaires. Le 4 septembre 2018, Sony a définitivement arrêté son service de réparation de la mythique console : la PS2 aura donc été jusqu’à la fin une création 100 % Heisei !
À bien des égards, les jeux vidéo ont façonné la personnalité du garçon de l’ère Heisei. Ce dernier montre en effet beaucoup moins d’intérêt pour les interactions humaines que pour le monde sur les écrans, qu’ils soient grands ou petits. Il n’est donc pas surprenant que Heisei soit marquée par une forte chute du taux de natalité et une augmentation du nombre de célibataires, la petite console de poche étant particulièrement apprécié par le sexe masculin. D’ici 2035, la motié de la population japonaise devraient être célibataires – mais ils pourront toujours se consoler avec les successeurs de Tetris, Pokémon, Mario et Street Fighter.


