L’âge d’or des idoles Akimoto
Enfin, impossible d’évoquer l’ère Heisei sans parler d’Akimoto Yasushi. Il n’est autre que le créateur du groupe japonais pop Onyanko Club, exclusivement composé de filles et extrêmement populaire à l’ère Shôwa. En avance sur son temps, il connaissait le potentiel marketing énorme représenté par les jeunes élèves si bien qu’en 1985, il créa une émission télévisée diffusée l’après-midi, où il était question d’un « club » spécial de filles âgées de 14 à 19 ans. À un moment donné, il y avait près de 100 « membres du club » cherchant toutes à se faire repérer par la caméra. Peu ont eu la chance de poursuivre des carrières durables à la télévision avant la disparition définitive de l’Onyanko Club en 1987.
En 2005, Akimoto Yasushi fit un comeback retentissant avec la création du groupe d’AKB48, dont le slogan fut « idoles que tu peux venir rencontrer en personne ». Il fit même construire dans le quartier d’Akihabara une salle de concert réservée aux représentations du groupe.
Akimoto Yasushi a apporté quelques nouveautés. En effet, désormais, les 48 membres d’AKB48 se disputent l’élection pour obtenir la place centrale dans le groupe, et leurs électeurs sont les fans qui ont acheté leurs CD. Ces derniers obtiennent ainsi le droit de voter et de leur serrer la main.
Le reste appartient désormais à l’histoire. La franchise AKB48 compte maintenant 134 membres au Japon et s’est exportée vers d’autres pays d’Asie. Le plus récent devrait voir le jour en Inde cette année. Et maintenant que les idoles d’Akimoto Yasushi ne sont plus des filles d’à côté, les geeks les plus passionnés se tournent vers les chika idol, ou « idoles souterraines », présentées comme des « joyaux » non polis et non découverts qui se produisent dans des lieux mineurs. Ces filles véhiculent une image plus humaine sur scène, discutant franchement de leur travail (serveuses dans des maid cafés par exemple) ou en expliquant les difficultés de leur quotidien, où elles ne peuvent que s’offrir des repas modestes (comme les nouilles instantanées).
Des adieux trop sentimentaux ?
À bien des égards, l’ère Heisei a cherché à se libérer et à se démarquer l’ère Shôwa tout en douceur. Mais parfois trop sentimentaux, les adieux ont pu traîner en longueur, à la manière d’un procès de divorce qui semblait ne plus en finir. Sous un angle différent, cependant, cela pourrait ressembler davantage à un baiser d’une scène de film, parfaitement chorégraphié avec tout ce qu’il faut de pathos pour vous tirer les larmes – le genre de baiser d’adieu qui reste à jamais gravé dans les esprits.
(Photo de titre : les membres du groupe d’AKB48 sur scène dans le cadre de 15 représentations sur 8 jours à Tokyo. Prise le 12 janvier 2019. Jiji Press)

