Des jeunes lycéennes motivées par la politique

— La loi sur la parité demande à tous les partis des programmes pour former des personnes à la politique, et vous-même avez créé un cours de formation de femmes en position de leadership. Quelle est votre objectif ?

M.M. Je suis co-présidente de l’Académie de la parité, et j’anime un programme de formation de femmes leaders, dont l’objectif est d’éveiller des jeunes femmes à la politique. Si les femmes ne se lancent pas dans la politique aujourd’hui, c’est parce qu’elles en ont une vision trop étroite. Elles ne font pas le lien entre ce monde et les problèmes du quotidien auxquels elles sont confrontées, comme le harcèlement sexuel ou les attouchements dont elles sont victimes dans les transports en commun. Car oui, ce sont aussi des questions politiques ! Tout comme les problèmes touchant les différentes étapes de leur vie, entre lycée, université, recherche d’emploi, travail, mariage ou éducation des enfants... Je le répète, mais j’aimerais qu’elles prennent conscience que toutes ces questions sont d’ordre politique. Nous avons vraiment besoin de la participation des femmes.

Beaucoup de lycéennes ont pris part à cette formation l’an passé. Le problème commun à toutes les participantes était les attouchements dans les transports. Quand elles en parlaient à leurs professeurs, ceux-ci leur répondaient qu’elles n’avaient qu’à changer de train. Elles ne faisaient pas confiance aux adultes parce qu’elles pensaient qu’ils ne les écoutaient pas. Pour prendre un autre exemple, une lycéenne a décidé de suivre cette formation parce que le professeur à qui elle avait fait part de son désir de se porter candidate à la fonction de président des élèves lui avait répondu que ce n’était pas ouvert aux filles...

Un autre aspect problématique est la mauvaise image qu’ont les jeunes des politiciens. Lorsque les femmes parlementaires parlent de leur travail, elles expliquent qu’il s’agit d’être à l’écoute des citoyens, de réfléchir à la manière de changer le droit et les budgets pour résoudre les divers problèmes qui se présentent et, pour finir, de coordonner leur point de vue avec ceux des autres afin de changer les règles dans la direction souhaitée. Beaucoup des participantes à cette formation sont très étonnées, car elles ignoraient que c’était ça, le travail des parlementaires. Cela les a grandement motivées pour poursuivre la formation.

Au total, il y a eu trois sessions de formations, avec un total de 60 participantes. Si elles deviennent parlementaires un jour, quel air frais elles apporteront à nos institutions ! Et cela fera sans doute émerger des questions politiques cachées jusque là...

(Interview et texte de Itakura Kimie, de Nippon.com)