Pousser la coopération des États-Unis grâce à d’autres pays

Toute la question sera de savoir si le changement d’administration influera sur la politique commerciale américaine. Aux États-Unis, le scepticisme à l’égard de la mondialisation compte déjà de nombreux adeptes. Si le gouvernement Biden n’est pas encouragé à « s’impliquer », ce sentiment américain de repli ne fera que se répandre, ce qui pourrait être dramatique pour le Japon, lui, axé sur le libre-échange.

Pour Chad Bown, chercheur principal à l’Institut d’économie internationale américain Peterson, « il est peu probable que le gouvernement Biden, qui se fixe pour priorité de rapprocher les Américains, de créer des emplois et des industries, s’oriente dès le départ vers le libre-échange. Les responsables du ministère japonais des Affaires étrangères sont également d’accord sur le fait que les négociations concernant la deuxième phase de l’accord commercial nippo-américain, qui a pris effet en janvier 2020 « sont au point mort ». Le retour des États-Unis dans le partenariat transpacifique (TPP), dont l’administration Trump s’est retirée en 2017, n’a guère fait évoluer la situation non plus.

Le sentiment de crise est fort parmi les diplomates japonais, qui se demandent comment obtenir un engagement des États-Unis. Coïncidant avec l’investiture de la nouvelle administration Biden, Chad Bown et six autres chercheurs du Japon, des États-Unis et d’Europe ont publié un livre intitulé Getting America back in the game : A multilateral perspective (« Remettre l’Amérique dans la partie : une perspective multilatérale »). Selon les auteurs de l’ouvrage, le Japon et l’Europe notamment devraient mettre à profit le cadre des négociations commerciales pour solliciter la participation des États-Unis dans des questions individuelles telles que la réponse à la nouvelle crise du coronavirus. La rencontre des ministres du commerce des États-Unis, du Japon et des pays de l’UE, dont l’objectif était d’établir des règles internationales avec la participation des États-Unis, peut en ce sens être considérée comme un « modèle ».

Pour un responsable du METI qui a participé aux préparatifs de la rencontre en 2017, « cela a fait comprendre aux États-Unis, qui à l’époque souhaitaient augmenter les droits de douane à l’encontre des pays de l’alliance, l’importance pour Washington, Bruxelles et Tokyo de rester unis face à Pékin ».

(Photo de titre : le président américain Joe Biden prononçant un discours de politique étrangère. Reuters)