Des célibataires insatisfaits, parfois deprimés et inquiets dans l’avenir au Japon
Parmi les underclass, 31,5 % des foyers n’ont aucun patrimoine, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucune épargne et ne sont pas propriétaires de leur logement.
Concernant le taux de personnes célibataires, les chiffres de la catégorie underclass sont très impressionnants, puisqu’il atteint 66,4 % pour les hommes et 56,1 % pour les femmes.
Le niveau de satisfaction des underclass par rapport à leur travail ou à leur vie est remarquablement bas, et peu d’entre eux se sentent heureux.
Plus de 40 % des underclass voient l’avenir avec inquiétude.
Enfin, 20 % des underclass souffrent de problèmes psychologiques comme la dépression. Ce n’est pas montré dans ce diagramme, mais le pourcentage atteint 44 % pour les hommes de ce groupe entre 20 et 29 ans. À cela viennent s’ajouter les jeunes qui ont perdu leur travail en raison de la crise sanitaire.
Le salaire minimum au Japon n’est que de 902 yens (6,9 euros)
Pendant ces trente dernières années, le Japon a vu exploser le nombre de gens confrontés à une pauvreté jusqu’alors inconnue, et tourmentés par l’angoisse. Sans compter la crise sanitaire actuelle qui fragilise l’emploi de ces précaires. C’est un futur bien sombre qui attend notre pays tant qu’il ne sera pas capable d’éliminer les souffrances et l’inquiétude quotidiennes de ces gens, et d’offrir à chacun une vie stable leur permettant de se marier et d’élever ses enfants.
Il est difficile de sortir par soi-même de l’underclass. La première chose à faire est de corriger l’écart significatif entre l’emploi non-régulier et l’emploi régulier, et de relever de manière conséquente le salaire minimum.
Dans les pays de l’Union européenne, il est interdit d’établir des différences entre les divers statuts d’emplois, et il existe même des cas où le salaire horaire des emplois précaires est supérieur à celui des emplois permanents, parce les gouvernements veulent ainsi compenser la précarité. Mais au Japon, rien n’est fait dans la réalité pour aller dans ce sens. Si quelques mesures ont été prises ces dernières années, elles restent encore insuffisantes.
J’ajoute que le salaire minimum horaire au Japon n’est que de 902 yens (6,9 euros), considérablement moins que dans les pays de l’UE. Il est également bas en moyenne aux États-Unis (7,25 dollars ou environ 5,8 euros), mais dans beaucoup d’états, il est supérieur, comme en Floride, où a été lancé une initiative pour le faire passer dans les cinq ans à 15 dollars (environ 1 600 yens, soit 12,4 euros). Comme la vie est chère au Japon, il devrait passer au moins à 1 200 yens (9,1 euros), avec pour objectif final de le porter à 1 500 yens (11,4 euros). Transformer l’emploi non-régulier en emploi régulier en une seule étape est difficile, mais si l’on établissait des stratégies sérieuses d’augmentation du salaire minimum, il serait possible de mener une vie satisfaisante même en étant précaire, et pour les couples où les deux personnes travaillent, d’élever des enfants.
Le gouvernement actuel n’envisage cependant pas de le faire. La mesure la plus efficace pour sortir de ce trajet qui mène le Japon à son affaiblissement est sans doute d’avoir un gouvernement qui sait passer à l’action, un gouvernement décidé à faire le nécessaire pour sortir de la pauvreté et réduire les inégalités.
(Photo de titre : un forum de recrutement à Tokyo Big Site, Ariake, Tokyo, le 14 mars 2000. Yomiuri Shimbun/Aflo)




