Un attachement à la province
« Une banane à cette heure de la nuit ? », a apporté le succès à Watanabe, mais il lui a fallu huit ans pour rédiger son prochain ouvrage, « Depuis les haltes ferroviaires du nord ». Sorti en 2011, ce livre a été couronné par plusieurs prix littéraires, dont le prix Suntory pour les Arts, et le prix de littérature régionale. Il décrit la réalité de Hokkaidô vue de très près, à savoir depuis sept haltes ferroviaires d’une ligne locale de l’île. Il traite d’une manière réaliste les problèmes du Japon d’aujourd’hui, comme les fusions de villages, les municipalités dont la majorité des habitants a plus de 65 ans, le déclin démographique, le tourisme, la protection de la nature, la pêche, ou l’agriculture, en décrivant le quotidien dans ces zones, et leurs vicissitudes.

Bien qu’il soit né à Nagoya et qu’il ait grandi à Osaka, le jeune Kazufumi a choisi l’Université d’Hokkaidô parce qu’il avait conçu une passion pour les paysages du nord du Japon, découverts au cinéma ou à la télévision. Et depuis plus de 30 ans, il y vit.
« J’ai passé mon permis moto immédiatement après avoir commencé mes études et je me suis mis à explorer Hokkaidô. J’emportais un sac de couchage et dormais dans les haltes ferroviaires que l’on trouve partout. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire à propos de Hokkaidô et de ses gares après mon premier livre. Mon deuxième a aussi été publié par un éditeur régional (Hokkaidô Shimbun Press). Lorsque je me suis lancé dans l’écriture, quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai sérieusement envisagé d’aller m’installer à Tokyo, ce qu’on me conseillait aussi de faire après avoir remporté des prix pour ma première œuvre. Mais au bout d’une longue réflexion, nul besoin d’aller dans la capitale me suis-je dit. C’est en province que se concentrent les questions qui touchent à l’essence du Japon. Parce qu’on se rend compte de problèmes dont ne parlent pas les nouvelles nationales. »