La lutte contre le syndrome métabolique, une clé de la maîtrise des dépenses médicales

On parle de syndrome métabolique (SMet) lorsqu’une personne souffrant d’une obésité abdominale présente au moins deux des troubles suivants : hyperglycémie, hypertension ou hypercholestérolémie. Ce syndrome s’aggrave s’il n’est pas traité et peut conduire à des maladies, notamment des accidents vasculaires cérébraux ou un diabète de type 2. Prévenir l’apparition de ce syndrome ou s’en débarrasser à un stade précoce est par conséquent essentiel, afin de détruire dans l’œuf les maladies liées au style de vie. Selon une enquête du ministère de la Santé, un homme sur deux et une femme sur cinq dans la tranche d’âge 40-74 ans seraient à risque ou souffriraient déjà de ce syndrome.

La prévention de l’apparition des maladies liées au style de vie peut à elle seule avoir un impact important sur la maîtrise des dépenses de santé, mais la prévention du SMet et son élimination sont aussi efficaces à cet égard. L’enquête du ministère de la Santé montre que les dépenses médicales annuelles pour les personnes qui en sont atteintes dépassent de 90 000 yens celles de ceux qui n’en souffrent pas. Il n’existe pas d’estimations chiffrées officielles quant à l’effet qu’aurait sur la maîtrise des dépenses de santé la prévention et l’élimination de ce syndrome, mais selon ma propre estimation qui utilise les données démographiques d’octobre 2012, l’élimination du SMet permettrait de réduire les dépenses médicales par un montant maximal de 960 milliards de yens, et la prévention permettrait une économie qui pourrait aller jusqu’à 880 milliards de yens.

Comment faire progresser le taux de dépistage ?

Que faut-il faire pour prévenir et éliminer ce syndrome ? Pour commencer, il est important que les personnes de cette classe d’âge puissent bénéficier d’un dépistage spécifique destiné à le déceler, afin qu’elles prennent conscience de leur état de santé. Depuis 2008, les collectivités locales [ce sont elles qui gèrent l’assurance santé publique — N.d.T.] et les employeurs ont l’obligation d’ajouter aux visites médicales annuelles un test de dépistage spécifique du syndrome métabolique pour les personnes âgées de 40 à 74 ans. 46, 2 % des personnes concernées l’ont subi en 2012, contre seulement 39,8 % en 2008, une progression notable, mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre l’objectif officiel, 70 % d’ici à 2017.

Lorsqu’on s’intéresse à ce taux en fonction du type d’assurance-maladie dont relèvent les personnes, on remarque qu’il atteint 70,1 % chez celles bénéficiant de réseaux de soins de santé coordonnés, une forme d’assurance maladie offerte par certaines grandes entreprises, mais qu’il n’est que de 33,7 % pour les affiliés au régime public d’assurance maladie. On peut comprendre que ce taux soit plus élevé dans les réseaux de soins de santé coordonnés parce que ce test spécifique est inclus dans la visite médicale régulière dont bénéficient les employés des grandes sociétés sur le lieu de travail. Pourquoi le taux est-il si faible chez les affiliés au régime public d’assurance maladie ? Une enquête effectuée par le centre de recherche The Institute for Science of Labour indique que les raisons les plus fréquemment mentionnées pour ne pas subir cet examen sont : « je suis déjà suivi par un médecin », « je suis en bonne santé », et « manque de temps ».

De nombreuses collectivités locales ont lancé des initiatives pour améliorer ce taux, et les exemples de réussite se multiplient, comme celui de la ville de Kôshû dans la préfecture de Yamanashi. En 2008, seuls 30,9 % des affiliés au régime public d’assurance maladie appartenant à la tranche d’âge 40-74 ans l’avaient subi, un taux plus bas que la moyenne nationale, alors qu’en 2012, le taux était passé à 49,8 %, au dessus de la moyenne nationale. Cette remarquable progression est due à la coopération de l’association des médecins de la ville, ce qui a permis aux affiliés du régime public de faire le dépistage chez leurs médecins traitants (alors qu’à l’origine, il était principalement offert lors de sessions de dépistage de groupe), à la multiplication de ces dépistages de groupe, et à l’utilisation des résultats des analyses prescrites par les médecins traitants.

La lutte contre le SMet implique ensuite que les personnes chez qui le dépistage a mis à jour un risque élevé de développer des maladies liées au style de vie bénéficient de conseils de santé spécifiques fournis par les assureurs, afin qu’elles améliorent leurs habitudes alimentaires et leurs comportements.

La loi de 2008 stipule qu’ils doivent être mis en place mais en 2012, seuls 16,4 % des personnes à risques en avaient bénéficié, un pourcentage très éloigné de l’objectif de 45 % fixé pour 2017. D’après une enquête effectuée par l’arrondissement de Nerima à Tokyo auprès des assurés du régime public d’assurance maladie, la première raison avancée par ceux qui n’avaient pas tiré parti de ces conseils était qu’ils se sentaient capables d’améliorer leurs habitudes sans aide extérieure. Cela indique probablement un manque de compréhension de l’efficacité de ces conseils et de leur signification. Tous les assureurs, y compris les collectivités locales qui gèrent le régime public d’assurance maladie, étudient aujourd’hui le moyen d’augmenter le nombre de personnes recevant ces conseils, et certains d’entre eux ont déjà enregistré des succès. Il faut aussi que pour les assurances le rapport coût/impact, c’est-à-dire une diminution des dépenses de soins engendrées par ces conseils supérieure aux coûts qu’ils nécessitent, soit clair, mais cela a déjà été démontré par des programmes existants et des recherches à ce sujet.