Une coopération franco-japonaise pour lutter contre le terrorisme
Dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, M. Macron conservera peut-être la même fermeté quee François Hollande, étant donné qu’il souhaite ouvertement le départ du président Assad en Syrie. Mais il a aussi indiqué qu’il n’était pas favorable aux interventions à l’étranger sans perspectives de solutions politiques, et d’après certains observateurs, il serait plus réticent face aux initiatives militaires. S’il poursuit la ligne dure de son prédécesseur, cela ne pourra qu’entraîner de nouveaux actes terroristes en France.
Pour ce qui est de la sécurité, il a indiqué son intention de renforcer les effectifs de la police et de crée une police de sécurité quotidienne. Sur ce point en particulier, le Japon pourrait coopérer avec la France grâce à son expérience en ce domaine, à travers le système des postes de polices kôban. Le Japon pour sa part a aussi intérêt à renforcer ses échanges avec la France, pour se préparer à la menace terroriste.
Mais en même temps, se lancer à corps perdu dans des mesures contre le terrorisme en renforçant l’armée et la police ne pourra qu’engendrer une réaction violente. Il est aussi à craindre que cela nuise à l’image d’une société ouverte et fasse décliner le potentiel du soft power. Le Japon a autant intérêt à être en Asie le porte-drapeau de la société ouverte que la France doit l’être en Europe. Une collaboration centrée sur ces points est probablement indispensable.
Pour un renforcement de la diplomatie culturelle
Renforcer la coopération culturelle est aussi essentiel. Après la fin de la guerre froide, beaucoup de pays ont pris conscience que la puissance militaire ou économique ne réglait pas tout, et que le soft power porté par l’attrait culturel était d’une grande importance. La France et son attachement très particulier à la culture a développé une diplomatie culturelle originale.
Mais si M. Macron poursuit une politique de rationalisation des institutions culturelles françaises consistant exclusivement à les réduire, il est à craindre que cela conduise à un recul de la présence française au Japon. Le Japon promeut jusqu’à un certain degré l’envoi de jeunes à l’étranger dans le cadre de sa stratégie globale, mais cela ne produit pas nécessairement de résultats. Dans ce contexte, si la France, une des plus importantes destinations d’études non-anglophones, attire moins de jeunes, cela serait une mauvaise chose pour les deux pays.
Les échanges culturels franco-japonais ont connu depuis la fin des années 1990 une croissance rapide, et se sont approfondis grâce à diverses manifestations culturelles. Le Japon doit avoir pour stratégie de promouvoir la compréhension mutuelle grâce à la synergie et aux échanges culturels avec la France, et prendre des initiatives solidaires qui conduiront à renforcer sa présence dans la communauté internationale.
(D’après un original en japonais rédigé le 9 mai 2017. Photo de titre : Emmanuel Macron et son épouse Brigitte devant la pyramide du Louvre après sa victoire à l’élection présidentielle le 7 mai 2017 à Paris)