Du corium toujours radioactif
Ensuite, toujours en voiture, nous nous rapprochons des bâtiments abritant les réacteurs 1 à 4. Nous sommes maintenant au pied des bâtiments que nous surplombions quelques minutes plus tôt. Échafaudages, plateformes, engins mécaniques… à première vue, on se croirait sur un chantier de construction. Les murs qui ont été soufflés sont épais, mais des structures métalliques tordues en émergent. C’est un rappel de la puissance de l’explosion et de notre manque de connaissance et d’intérêt vis-à-vis de cette installation gigantesque construite à plus de 200 kilomètres de la capitale qu’elle approvisionnait en électricité.
Les réacteurs 1 à 3, entrés en fusion lors de l’accident, abritent toujours leur cœur fondu, le corium. Dans le réacteur 2, des dépôts de la taille d’un caillou ont été identifiés au fond de la cuve en janvier 2018 et certains ont pu être recueillis par une machine lors d’une mission d’enquête en février 2019. De ce fait, la feuille de route du démantèlement révisée en décembre 2019 par le gouvernement prévoit la collecte expérimentale de ces dépôts de corium du réacteur 2 à partir de 2021. On manque néanmoins, dans l’immédiat, d’informations concrètes sur la composition, la quantité et la forme de ces débris. L’échéancier a été révisé un grand nombre de fois et rien n’assure que les délais seront tenus.
Le corium continue à émettre de la chaleur. De ce fait, les cuves doivent être arrosées en permanence pour les refroidir, ce qui produit continuellement de l’eau contaminée, chargée de substances fortement radioactives. Tout est fait pour éviter la contamination de la nappe phréatique et de l’eau de pluie qui pénètrent dans les bâtiments réacteurs, notamment par l’érection d’un mur de glace souterrain autour des bâtiments 1 à 4.





