Le nucléaire, une source importante d’électricité de base
Le mix énergétique des grandes puissances économiques du monde varie selon la quantité et le type de ressources qu’elles possèdent. En considérant la pauvreté du Japon en matière de ressources naturelles, le gouvernement entend diversifier les sources d’électricité du pays en prenant en compte multiples facteurs, notamment : l’acquisition stable d’énergie, le respect de l’environnement (diminution des émissions de gaz à effet de serre), l’impact sur l’économie et l’emploi, et les leçons apportées par l’accident nucléaire de Fukushima.
Le gouvernement a concrétisé en avril 2014 sa politique énergétique sur le long terme avec son « Plan général sur l’énergie ». La dernière décision ministérielle dans ce domaine remonte à 4 ans. À cette occasion, le Premier ministre Abe Shinzô a déclaré que le nucléaire serait une « importante source d’électricité de base(*3) » même après l’accident de Fukushima. Il a cependant tenu à préciser que « la dépendance au nucléaire doit être réduite », et que pour cela « les énergies renouvelables devront être utilisées au maximum ». Malgré cet effort gouvernemental de l’année dernière, ce n’est que récemment que le projet sur le mix énergétique a vu le jour.
La polémique sur le nucléaire exacerbée par l’accident de mars 2011
Les deux grands projets sur le nucléaire, qui sont le redémarrage des centrales et la progression du nucléaire dans le mix énergétique, ont fait face à une opinion publique très défavorable après l’accident de Fukushima, ravivant les débats sur le sujet. D’un côté, on peut considérer trois effets positifs du redémarrage des centrales : une production stable d’électricité, un combustible moins cher comparé aux autres méthodes, et aucune émission de gaz à effet de serre. De plus, une part plus importante de nucléaire contribuerait à contenir l’importation de carburants alternatifs, et donc à rééquilibrer une balance commerciale déficitaire. Le secteur de l’industrie, pour qui la maîtrise du coût de l’électricité est synonyme d’une plus grande compétitivité internationale, revendique « une utilisation appropriée » de l’énergie nucléaire.
D’un autre côté, beaucoup de personnes se disent prudentes ou même opposées à une dépendance nucléaire du Japon, notamment depuis l’accident nucléaire de Fukushima. La prise en charge des réfugiés nucléaires, le traitement d’eau hautement contaminée, la gestion des déchets radioactifs… les dépenses induites par un accident nucléaire sont énormes. Par ailleurs, le démantèlement du réacteur de Fukushima va durer beaucoup plus longtemps que la procédure habituelle, un cas sans précédent. C’est pour ces raisons que deux anciens chefs de gouvernement, Koizumi Junichiro et Hosokawa Morihiro, brandissent l’argument du « zéro nucléaire ».
Avec ces avis pour ou contre très partagés, la polémique autour du nucléaire ne semble pas près de désenfler.

