Des progrès inégaux
Nous sommes en 2016. Dans le centre d’Ishinomaki, les cicatrices du tsunami ont disparu. Il y a beaucoup de bruits. Ceux de la reconstruction, avec le développement de centres commerciaux et de logements publics. L’hôpital municipal d’Ishinomaki qui avait été détruit sans espoir de réparation, est en cours de reconstruction à proximité de la gare d’Ishinomaki, à une bonne distance de la côte.
L’industrie de la pêche, la plus importante pour la ville, est elle aussi de retour. En 2015, les débarquements commerciaux ont été évalués à 18 milliards de yens, un chiffre pratiquement identique à celui de 2010, bien que leur poids soit encore inférieur d’environ 20 % aux niveaux d’avant le séisme. Le marché aux poissons d’Ishinomaki – le côté public de l’industrie de la pêche de la ville – a été reconstruit et a repris enfin pleinement toutes ses opérations en septembre 2015.
Mais les districts voisins durement touchés de Minamihama et Kadonowaki, à proximité du fleuve Kitakami montrent un tout autre tableau. Si les débris ont été évacués, la construction de nouvelles résidences est interdite et la majeure partie de cette zone reste un désert aride. En janvier 2015, environ 16 000 résidents d’Ishinomaki vivaient encore dans des logements provisoires, par rapport aux 32 000 personnes au pire moment de la crise. Seulement 60 % environ des 200 installations de traitement des produits de la mer qui étaient en opération dans la ville avant le désastre ont réouvert leurs portes. Selon les estimations préliminaires du dernier recensement, la population de la ville en 2015 était de 147 236 personnes, soit 8,5 % de moins qu’en 2010.
Les gens qui viennent à l’ICIC demandent souvent comment se passe la reconstruction. « C’est une question à laquelle il est difficile de répondre », déclare Richard. La ville d’Ishinomaki s’étend sur une vaste superficie et les progrès n’ont pas été uniformes.
« Même si le centre de la ville a été vraiment dévasté, il a conservé une certaine ressemblance avec ce qu’il était à l’origine. Mais le district d’Ogatsu dans le nord-est a été complètement oblitéré, et ils ont dû tout recommencer à zéro. Chaque zone a ses propres défis à relever. »
Le rythme de la reconstruction est évalué différemment selon les perspectives de chacun. « Si vous regardez juste tous les logements de remplacement en train de se construire, vous pouvez penser que la reconstruction est en bonne voie. Mais si vous pensez à la frustration et à l’anxiété des gens qui habitent encore dans des logements provisoires en préfabriqué depuis 2011, vous pouvez certainement comprendre leur impatience par rapport au rythme de la reconstruction. »
La disparition des liens de la communauté constitue un autre grave problème. « Les gens vivant dans des complexes de logements provisoires forment progressivement leurs propres communautés là-bas », continue-t-il. « Lorsqu’ils emménagent dans des logements de remplacement, ils doivent tout recommencer. Comme beaucoup d’entre eux sont des personnes âgées vivant seules, ça peut être vraiment dur pour eux. »




