Les stages de formation technique

Dans le cadre de ses activités de coopération internationale, le Japon a inauguré en 1993 le Programme de stages de formation technique, ostensiblement conçu pour favoriser les transferts de compétences à des individus provenant de pays en développement. Aujourd’hui, environ 20 % des travailleurs étrangers au Japon relèvent de ce programme. À l’origine, il couvrait 17 catégories d’emploi, principalement manufacturiers, et autorisait les stagiaires à rester deux ans, la première pour se former et la seconde pour acquérir un savoir-faire pratique. Son champ d’action a été élargi, de façon à intégrer les activités liées au secteur agricole en 2000, puis aux services personnalisés et aux soins de santé en 2017. Il recouvre désormais 77 secteurs d’activités regroupant 139 types de métiers, et la durée maximale du séjour a été portée à cinq ans.

Il s’est toutefois avéré que ce dispositif n’était pas totalement exempt de problèmes. Des cas de violations des droits humains de stagiaires par leurs employeurs ou d’infractions au code du travail ont été signalés par la presse tant japonaise qu’étrangère, et même mentionnés dans le Rapport du Département d’État américain sur la traite des personnes. C’est pour remédier à ce problème que les autorités japonaises ont adopté en 2017 la Loi sur les stagiaires en formation technique, qui instaurait des réglementations et des pénalités pour les entités de gestion et les entreprises employant ces stagiaires.

Jusqu’à il y a quelques années, les Chinois constituaient le plus fort pourcentage des stagiaires techniques, mais leur effectif s’est réduit à mesure que l’économie de la Chine se développait et que le pays commençait à ressentir les effets de la baisse du taux de natalité et du vieillissement de la population. Le Vietnam a supplanté la Chine en 2016 en termes du nombre de stagiaires présents au Japon, et l’effectif des stagiaires vietnamiens continue de croître.

Mais à l’instar de l’économie chinoise, celle du Vietnam s’est largement vitalisée et le pays commence à subir les effets de la pression démographique à mesure du déclin de la natalité et du vieillissement de la population. Une hausse récente du nombre de stagiaires en provenance du Cambodge et du Myanmar suggère que ces pays sont en train de prendre la relève en tant que sources de main-d’œuvre. Il n’en reste pas moins que cet afflux de stagiaires met en lumière la nécessité où se trouve le Japon d’ajuster sa structure industrielle de façon à la rendre plus attrayante pour les travailleurs étrangers et, ce faisant, répondre à la demande pressante de main-d’œuvre à faible coût.