Le secret de ce parfum intense

Autrefois, la ville de Fujieda s’était enrichi grâce à la fabrication de thé de qualité supérieure appelé gyokuro. Mais la faible rentabilité de la production, l’évolution des goûts des consommateurs et le nombre important d’agriculteurs qui ont abandonné leurs terres ont mené à un déclin progressif de sa prospérité. Il y a 30 ans, désespérés, les producteurs de thé gyokuro ont demandé de l’aide au père de Suzuki Shigehiko, Suzuki Masami. Ce dernier leur a recommandé le matcha, essentiellement composé de tencha, dont la culture ressemble fortement à celle du thé supérieur gyokuro. C’est donc ainsi que Marushichi Seicha connut ses premiers succès et que les premiers champs de tencha furent plantés dans la préfecture de Shizuoka. Mais la qualité n’a pas été immédiatement au rendez-vous. Il a fallu passer par des années de dur labeur et d’endettement avant de parvenir à un thé de qualité.

Si le tencha, ingrédient principal du matcha, est cultivé à partir du théier (Camellia sinensis) tout comme le sencha, son mode de culture est toutefois totalement différent. Pendant plus de 20 jours, la culture du tencha doit se faire couverte, afin d’éviter que la plante ne soit exposée à la lumière du soleil. De cette façon, la teneur en chlorophylle de la plante augmente, la couleur verte est plus intense, donnant une plante plus riche en acides aminés. Après la récolte, les feuilles sont étuvées sur de la vapeur d’eau afin d’éviter leur oxydation puis séchées dans un four. La poudre obtenue après un processus de broyage au moyen de meules de pierre porte le nom de matcha.

Champ de thé tencha cultivés par Fujieda. Les champs apparaissant en noir sont recouverts de bâches pour éviter une exposition des feuilles à la lumière du soleil (photo avec l'aimable autorisation de Marushichi Seicha).
Champ de thé tencha cultivés à Fujieda. Les champs apparaissant en noir sont recouverts de bâches pour éviter une exposition des feuilles à la lumière du soleil. (Photo avec l’aimable autorisation de Marushichi Seicha)

Les généraux de guerre de l’époque Sengoku (1467-1568) auraient eu pour coutume de boire du thé avant de partir pour le champ de bataille. Le matcha contient de la caféine, un stimulant qui permet de rester éveillé, et de la théanine, un acide aminé aux propriétés relaxantes. « S’ils ont pu maîtriser leur peur de la mort en allant au combat, c’est peut-être par parce qu’ils buvaient du thé vert matcha ! » explique Suzuki Shigehiko.

Le chocolat au thé vert le plus parfumé au monde

Pour Marushichi Seicha, cap sur le monde. Au concours de la région Asie-Pacifique des International Chocolate Awards, en octobre 2018, les tablettes de chocolat au thé hôjicha et au matcha ont respectivement remporté les deuxième et troisième prix. Au début du mois de novembre de la même année, au Salon du Chocolat à Paris, le plus grand salon du chocolat au monde, Nanaya a présenté une toute nouvelle sélection de chocolats sans produits laitiers (composés uniquement de beurre de cacao, de sucre et de thé). Chaque boîte contenait 16 barres (72 grammes chacune) de chocolat au thé hôjicha et les sept variétés de matcha de Marushichi Seicha. L’assortiment de chocolats a eu un franc succès auprès des visiteurs.

NANAYA MATCHA 7, le produit tel que présenté au Salon du Chocolat à Paris (20 euros)
NANAYA MATCHA 7, le produit présenté au Salon du Chocolat à Paris en 2018 (20 euros)