Dans ce haïku, Yosa Buson se réjouit de l’arrivée d’oisillons migrateurs.
小鳥来る音うれしさよ板びさし 蕪村
Kotori kuru / oto ureshisa yo / itabisashi
À l’arrivée des petits oiseaux
Quelle joie, ce bruit de pattes
au bardeau de l’auvent(Poème de Yosa Buson, probablement écrit vers 1768), traduction par Chloé Viatte
En automne, il est plusieurs sortes d’oiseaux migrateurs : certains comme les oies (kari) sont de grande taille, d’autres, comme les grives (tsugumi) et les jaseurs (renjaku) sont plus petits, ils migrent vers le sud. Mais le haïku de Yosa Buson (1716-83) fait plutôt référence aux petits roitelets huppés (kiku-itadaki) ou aux geais (kakesu) qui l’été fini descendent des collines et des montagnes boisées vers les plaines et les zones habitées.
Le haïku montre combien le poète est heureux d’entendre les oiseaux nouvellement arrivés marcher et gazouiller sur l’auvent de sa maison. Dans les waka, le mot-clé « bardeau, auvent en bois » (ita-bisashi), est habituellement associé au bruit de la pluie ou de la grêle, mais les haïkus sont souvent en rupture avec l’esthétisme du waka et ici, Buson innove en substituant aux averses, le bruissement des oiseaux.
Le lecteur sent que le poète tend l’oreille pour percevoir la trace sonore si ténue des oiseaux qui vont et viennent sur l’auvent. L’été et sa lourde chaleur ont laissé la place. À entendre le bruit de leurs pattes légères foulant les bardeaux secs, on devine la fraîcheur de l’air limpide de l’automne. Hagiwara Sakutarô (1886-1942) louait Buson pour ce haïku dont le lyrisme lui faisait penser à des poèmes occidentaux.
(Photo de titre : Pixta)
