Les Jeux olympiques des pyrotechniciens
Le festival de feux d’artifice d’Ômagari est également considérable pour les artificiers. Une petite trentaine des maisons les plus réputées du pays ont été sélectionnées. La compétition est organisée en trois « disciplines » : Les feux d’artifice de plein jours, dont les effets reposent essentiellement sur des jeux de fumées colorées, le warimono ou bombe « ronde », c’est à dire le feux d’artifice de tradition, et les feux d’artifice créatifs. Mais à la différence des autres compétitions où les professionnels peuvent s’inscrire dans une seule catégorie, à Ômagari les pyrotechniciens doivent se présenter dans les trois catégories. Cela demande une compétence dans tous les domaines de l’art pyrotechnique, sans compter que les inscriptions sont hyper-sélectives, mais c’est ainsi que l’on maintient un festival « top classe ».
Cette année, 760 000 spectateurs ont levé les yeux au ciel d’Ômagari pour admirer les créations des 27 maisons en lice. Un immense cri de joie et les applaudissements ont accueilli les premières fleurs qui se sont épanouies sur la toile noire, des larmes d’émotion ont même été versées.
C’est la minutie dans le travail qui crée la beauté
Par exemple, dans la catégorie traditionnelle du warimono, où les bombes sont tirées une par une. La bombe taille 10, une boule d’environ 30cm de diamètre, a éclos en une boule de 300m dans le ciel. Mais ce n’était pas seulement sa taille qui était impressionnante. Cette boule était formée de plusieurs cercles concentriques, rouge, bleu, orangé, jaune, de la périphérie vers le centre. Et en un instant, chacune des couleurs passe du bleu au vert, du rouge au jaune. C’est réellement d’une beauté à couper le souffle.
Si l’on en croit M. Konishi Kôichirô, vice-président du Club des Feux d’artifice d’Ômagari, grand expert sur tout ce qui concerne la pyrotechnie, les feux d’artifice à l’étranger tirent peu parti des effets de couleurs concentriques ou de changements de couleurs, et s’appliquent essentiellement à montrer la vigueur de feux tirés en séries multiples. Dans l’art pyrotechnique japonais, en revanche, l’artisan met toute sa passion dans l’élaboration de chacune de ses bombes, tirées individuellement dans le genre warimono. Chaque bombe fait l’objet d’une précision et d’une minutie extraordinaire, car c’est de cette minutie que naît la beauté. Pour disposer les « étoiles », comme on appelle les petites billes de poudre, dans la coque de la bombe, l’artisan travaille à la pince à épiler ! Comme le dit M. Konishi, une bomb de feu d’artifice est un concentré de technique, d’efforts et d’esprit de défi de son créateur. Précision et esprit de recherche sont communs à toutes les industries au Japon, et la pyrotechnie n’en fait pas exception.

