Des clients qui se renseignent avant d’acheter

Tsuchiya Kunio avait 27 ans quand il a décidé de se mettre à son compte et de créer une entreprise à laquelle il a donné le nom de Tsuchiya Kaban. Pour ce faire, il a quitté le fabricant d’articles en cuir qui l’avait employé jusque-là. Il a commencé seul en vendant ses sacs à l’endroit même où il les fabriquait. Au début, les clients étaient rares et le jeune artisan a mis du temps avant de se faire connaître. Les gens sont d’abord venus dans son atelier pour voir ce qu’il faisait et ils ne sont revenus qu’après avoir fait le tour des grands magasins et des autres points de ventes de cartables. « Notre boutique était vraiment toute petite. Et c’était une immense joie de voir les gens revenir acheter nos randoseru après avoir fait la comparaison avec ceux des grandes entreprises. »

Tsuchiya Kunio en train de donner des explications à l’une de ses employées, une spécialiste du travail du cuir responsable de l’assemblage final des sacs à la machine, qui travaille chez lui depuis cinq ans.

Depuis, la maison Tsuchiya Kaban s’est considérablement développée. En 2002, elle a commencé à recruter de jeunes artisans spécialisés dans le travail du cuir. Elle emploie à présent 180 personnes qui ont entre 20 et 79 ans. L’âge moyen du personnel est de 35 ans. L’entreprise assume toutes les tâches depuis la planification et la production, jusqu’au marketing, la publicité, la commercialisation et le service après vente. En s’appuyant à la fois sur le savoir-faire incomparable de ses employés les plus anciens et sur le sens de l’actualité des plus jeunes, elle a réussi a créer des produits qui s’adressent à toutes les générations.

Cet artisan du cuir – un des plus anciens de la maison Tsuchiya Kaban – se sert d’un maillet pour fixer un soufflet sur le corps d’un cartable.

Choisir son cartable en regardant comment on le fabrique

Le 9 juin 2016, le jour où Tsuchiya Kaban a présenté sa nouvelle gamme de cartables pour l’année scolaire 2017(*1), des familles avec de jeunes enfants ont envahi le siège de l’entreprise à Nishi-Arai, dans l’arrondissement d’Adachi, à Tokyo. Là où sont fabriqués et vendus les fameux randoseru. Il s’agissait pourtant d’un jour de semaine. Mais Tsuchiya Kaban n’allait pas tarder à commencer à prendre les commandes et il fallait faire vite. L’année précédente, les stocks avaient, paraît-il, été complètement épuisés dès la mi-septembre.

Des clientes en train d’examiner les cartables de la maison Tsuchiya Kaban pour la rentrée 2017. Elles ont le choix entre 60 combinaisons différentes de styles et de couleurs.

Les couleurs qui ont le plus la cote avec les filles sont le bleu lavande et le marron combiné avec du mauve ou du rose. Chez les garçons en revanche, c’est toujours le noir qui a le plus de succès. Le prix des cartables d’écolier de Tsuchiya Kaban va de 56 000 yens (environ 450 euros) à 140 000 yens (environ 1 120 euros) taxes incluses. La livraison est gratuite pour le Japon, mais les commandes en provenance de l’étranger ne sont pas acceptées. Les clients de Tsuchiya Kaban préfèrent en général la vachette à tous les autres matériaux qui leur sont proposés.

Sac à dos de la gamme Karuizawa, une édition limitée que la maison Tsuchiya Kaban fabrique à Karuizawa, dans la préfecture de Nagano.

Les locaux de Tsuchiya Kaban comprennent un espace permettant aux familles d’assister directement à une partie des opérations de fabrication des cartables. Les parents espèrent que leurs enfants prendront soin de leur sac en voyant à quel point les employés s’investissent dans la réalisation de chaque randoseru. De leur côté les artisans sont motivés par les frimousses des enfants appelés à utiliser le produit de leur travail dans les années à venir.

« Cet espace a été conçu pour que nos clients gardent un souvenir mémorable du moment où ils ont choisi leur cartable en famille », explique Seino Tomoko, responsable du secteur publicité de Tsuchiya Kaban. « Les parents sont souvent profondément émus quand ils voient leur enfant porter un cartable pour la première fois. Ils réalisent tout d’un coup à quel point il a grandi. »

Une famille en train d’assister au processus d’assemblage d’un randoseru, à partir d’un espace spécialement conçu à cet effet dans les locaux de Tsuchiya Kaban.