Le gel UV, adapté au style de vie des femmes modernes

Le nail art voit le jour dans les années 1970, avec les faux ongles fabriqués pour les actrices hollywoodiennes. C’est dans les années 1980 que le premier salon du Japon ouvre ses portes. Comment le nail art a-t-il évolué ensuite ?

Mme Kinoshita nous répond : « Aujourd’hui, dans les salons de nail art japonais, c’est le gel pour ongles qui est le plus utilisé. On recouvre l’ongle d’une couche de gel liquide, qu’on fait durcir grâce à des rayons ultraviolets et des lampes LED. C’est plus souple d’utilisation que la manucure et les ongles sont moins abîmés. Depuis 2007, c’est la technique la plus employée au Japon.

Grâce à un séchage rapide, qui convient parfaitement au style de vie trépidant des femmes modernes, cette technique a du succès. Avec l’âge, les ongles deviennent plus cassants, mais l’application de gel permet de les renforcer, et le gel UV est maintenant plébiscité par les femmes actives comme les femmes au foyer. Il rend les ongles plus résistants et permet la pose de décorations volumineuses, ce qui a beaucoup élargi la palette du nail art. »

Le gel UV et ses couleurs pétillantes (à gauche, création du salon Nadine, au centre salon Hokuri). En été, avec les sandales, le nail art se porte aussi sur les pieds (à droite, création du salon Tout soleil).

 

Les Japonaises aiment les ongles bien décorés

Quelles sont les différences entre le nail art occidental et le nail art japonais ?

Explications de Mme Kinoshita : « En Europe, les femmes ont tendance à rechercher une beauté saine et les ongles aussi restent simples, elles se contentent généralement d’une couche de couleur sur des ongles naturels. Parmi les femmes actives new-yorkaises aussi, la simplicité est de mise : une couleur unique ou une "french manucure" qui laisse à l’ongle sa couleur naturelle, soulignée d’une touche de blanc à l’extrémité.

En revanche, au Japon, on apprécie les dégradés de couleurs et les strass ou les paillettes sur un fond uni. En plus, beaucoup de femmes aiment changer régulièrement les décorations sur leurs ongles. Ce type de culture ongulaire, propre au Japon, appelé "nail art japonais", est répandu en Asie, notamment à Taiwan, en Corée du Sud, à Singapour ou au Vietnam. »

Beaucoup de femmes fréquentent pour la première fois un salon de nail art à l’occasion de leur mariage. Les extensions d’ongle décorées de perles et de fleurs sur une base rose ou blanche ont du succès pour la cérémonie (à gauche, création du salon Innocent). Ongles ornés de strass et paillettes (à droite, création du salon esNAIL).

 

Le nail art à domicile

Une large gamme d’articles est disponible sur le salon Nail Expo

Si certaines femmes fréquentent les salons de nail art pour être impeccables jusqu’au bout des doigts, elles sont également nombreuses à pratiquer le nail art chez elles. C’est peut-être là encore l’une des particularités du Japon, où beaucoup de gens sont habiles de leurs mains. Produits de soins pour des ongles en bonne santé, instruments pour façonner les ongles, appareils à gel UV, vernis, paillettes et strass… la gamme d’articles destinés à la pratique du nail art à domicile est vaste. Cela va de pair avec le nombre croissant de femmes qui ont adopté le nail art comme hobby.

Impression papillons du Sha-Nail Pro. Un produit réservé aux professionnels, sauf au Japon où il est en vente libre (photo : Props)

Pour celles qui manquent de confiance en elles pour leurs créations, il existe aussi des autocollants qu’il suffit de coller sur les ongles. Parmi les articles les plus raffinés, le Sha-Nail Pro (commercialisé par Props), un film ultramince de 80 microns d’épaisseur. Il suffit de découper la planche d’autocollants imprimée de motifs élaborés, papillons, fleurs, etc., et d’apposer les autocollants, en jouant éventuellement des superpositions pour obtenir des créations complexes.

Puissance technologique, habileté manuelle et goût pour la customisation : voilà les ingrédients du nail art à la japonaise, parti pour conquérir le monde entier !

(de gauche à droite) création de Takata Masumi (office glowbiz style), du salon Nadine et du salon La Couronne

(Texte : Ushijima Bifue. Photo de titre : Kawamoto Seiya. Remerciements à Madame Kinoshita Mihori)