À 36 ans, Araki Erika participe à ses quatrièmes Jeux olympiques. Son rôle ? Capitaine de l’équipe japonaise de volley-ball. Après s’être temporairement retirée pour donner naissance à sa fille, elle continue la compétition avec ardeur malgré les protestations compréhensibles de son enfant et un problème de santé.

Un faux départ dans la compétition

Araki Erika n’a pas un bon souvenir de sa première sélection pour les Jeux olympiques. Pré-sélectionnée en 2004, à l’âge de 19 ans, elle n’a pas été retenue pour participer aux JO d’Athènes cette année-là.

Aujourd’hui, elle voit cet échec comme une source d’énergie. « J’ai eu beaucoup de mal à l’accepter, mais il m’a aussi permis de rebondir. Je pense que c’est grâce à ça que j’ai pu continuer jusqu’à aujourd’hui. Et ne pas avoir pu être choisie aux Jeux d’Athènes me semble aujourd’hui une bonne chose. »

Son absence aux Jeux d’Athènes lui a fait douloureusement prendre conscience de ses insuffisances techniques. Elle a commencé à s’entraîner à fond, afin d’améliorer son jeu et sa force.

Araki Erika tire parti de sa taille : 1,86 mètre pour assurer un bloc de haute précision, une arme indispensable à l’équipe japonaise. Le 1er mai 2021 lors d’un match contre la Chine (Jiji Press)
Araki Erika tire parti de sa taille : 1,86 mètre pour assurer un bloc de haute précision, une arme indispensable à l’équipe japonaise. Le 1er mai 2021 lors d’un match contre la Chine (Jiji Press)

Sa position est arrière centre. Ce qui la différencie de ses prédécesseuses dans ce poste est non seulement sa rapidité, mais aussi sa puissance, et sa faculté à créer des attaques diverses en combinaison avec les autres. Elle est devenue une présence indispensable à l’équipe japonaise. Voici ce qu’elle en disait avant les Jeux olympiques de Beijing en 2008 : « Je veux garder cette position. C’est justement parce qu’il m’a fallu des années pour l’obtenir que je suis sûre de mieux la comprendre que quelqu’un qui l’aurait eu tout de suite. »

Aux Jeux de Beijing, les premiers pour elle, elle a été la meilleure arrière centre du tournoi en jouant contre des joueuses étrangères plus grandes et plus expérimentées qu’elle.

Une présence indispensable à la sélection japonaise

En 2008-2009, immédiatement après les Jeux de Beijing, elle a passé un an dans l’équipe de série A italienne Foppapedretti de Bergame, réputée pour son excellence, où elle a pu élargir sa vision du jeu. Sa puissance et sa technique ont évolué et elle a entrepris de renforcer son point faible, le jeu défensif.

Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, elle était le capitaine de l’équipe japonaise qui a obtenu la médaille de bronze, ce qui n’était pas arrivé au volley-ball féminin japonais depuis 28 ans. Elle a aussi joué aux Jeux de Rio de Janeiro en 2016. Ces dernières années, elle fait beaucoup d’efforts pour renforcer son service et continue, malgré ses 36 ans, à être la meilleure arrière centre japonaise.

La contribution d’Araki Erika (à gauche) à la médaille de bronze japonaise aux Jeux olympiques de Londres en 2012, la première depuis 28 ans pour le volley-ball féminin, a été essentielle. (AFP/Jiji Press)
La contribution d’Araki Erika (à gauche) à la médaille de bronze japonaise aux Jeux olympiques de Londres en 2012, la première depuis 28 ans pour le volley-ball féminin, a été essentielle. (AFP/Jiji Press)

Sa grossesse l’année suivante l’a éloignée des courts, mais elle y est revenue environ six mois après la naissance de sa fille. Pendant la saison 2014-2015 de la Ligue japonaise de volley-ball, elle a été la première au classement des points marqués au bloc, et la troisième à celui des points marqués en attaque, un résultat qui n’a pas fait sentir son absence d’un an.

Au Japon, il y a encore très peu de sportives de haut niveau qui continuent leur carrière après avoir eu un enfant. Mais Araki Erika avait vu en Italie des joueuses pour qui cela était tout à fait normal, et elle a décidé de ne pas renoncer à sa carrière après son accouchement, grâce aussi au soutien de sa mère et de son mari. Et elle a rapidement réussi comme prévu son retour dans sa discipline, en retrouvant le plus haut niveau de performance qui était le sien. Mais elle a ensuite dû faire face à un risque imprévu qui aurait pu l’amener à mettre fin à sa carrière.