Seto Daiya, médaille d’or aux championnats du monde de natation en 2019, s’apprêtait à aborder les JO de Tokyo avec une motivation au top lorsqu’il fut suspendu pour un scandale lié à une relation d’adultère. Seule sa passion insatiable pour la nage lui a permis de revenir au sommet après avoir tant perdu.
Laver l’humiliation de Rio à Tokyo
La natation devrait être l’une des disciplines les plus disputées aux Jeux olympiques de Tokyo. Et dans ce domaine, difficile de ne pas parler de Seto Daiya, 27 ans, qui participera aux épreuves du 400m quatre nages individuel, du 200m quatre nages individuel et 200m papillon, les trois épreuves dans lesquelles il a remporté la médaille d’or lors des Championnat du monde en 2019.
Le 400m quatre nages individuel, en particulier, sera sans aucun doute très disputé, puisque la finale aura lieu le 25 juillet, deuxième jour de la natation. Seto est très motivé : « J’espère faire une bonne course dès les éliminatoires. »
Né en 1994 dans la préfecture de Saitama, Seto a grandi dans une rivalité amicale avec l’autre champion japonais de la discipline, Hagino Kôsuke, du même âge que lui. Hagino lui souffla la qualification pour les JO de Londres en 2012, mais Seto fut le premier des deux aux Championnat du monde d’où il revient avec la médaille d’or en 2013, puis de nouveau en 2015.
Les Jeux olympiques de Rio en 2016 restent de ce point de vue une frustration, puisqu’il ne remporte que la médaille de bronze dans le 400m quatre nages, alors que Hagino prend l’or. Sur le podium, son sourire cache son dépit et le serment qu’il se fait de gagner la médaille d’or à Tokyo.
Surpasser la fatigue extrême
Seto reprend l’entraînement dès son retour du Brésil. Pour se construire un physique et un mental de vainqueur, il s’inscrit à un maximum de compétitions internationales, à ses frais, en particulier les épreuves de la coupe du monde à Beijing, Dubai, Doha… Il quitte le Japon fin septembre, renonçant à participer à la parade des médaillés olympiques et paralympiques du 7 octobre à Ginza, pour nager sans relâche pendant plus d’un mois.
La Coupe du monde est une série de succès. Quand il lui arrive de laisser passer la victoire à cause de l’extrême fatigue, il se surpasse tout de même : « Si j’abandonne à cause de la fatigue, quelle différence ai-je donc avec les autres nageurs ? »
À partir de 2017, il s’impose un programme de quatre ans extrêmement rigoureux. Sans renoncer au 400m quatre nages individuel, il se lance un défi afin de développer ses performances dans sa spécialité, la nage papillon.
« Concourir en papillon ne peut que servir à me perfectionner, et les bénéfices se répercuteront aussi en quatre nages. » En 2017, il obtient une médaille de bronze en 200m papillon aux Championnats du monde, et la médaille d’argent en 2019. Il établit un nouveau record du Japon de l’épreuve en janvier 2020 avec un temps de 1:52:53.
Il s’attelle également à améliorer son coup de pied, jusque-là son point faible. « Sur le dernier segment du 400m quatre nages, en nage libre, j’ai besoin de plus de puissance dans les pieds pour le sprint final. » Dans ce but, il renforce son entraînement en vélo sur route, et participe même à des épreuves de triathlon afin de prendre conscience de son point faible dans les jambes.


