Il est grand temps de lancer une politique migratoire
Voilà maintenant plus d’un quart de siècle que des newcomers ont commencé à s’installer au Japon, et leurs enfants arrivent graduellement à l’âge adulte. La deuxième génération commence à s’intégrer à la société japonaise.
Parmi eux, certains ont réussi à surmonter leurs handicaps et occupent des emplois stables dans différents secteurs de la société. Lorsqu’on regarde de plus près leur parcours, on s’aperçoit qu’ils ont eu dans leur vie un ou plusieurs adultes qui ont pensé à leur avenir, que ce soit leurs parents ou un enseignant. Ceux-là ont acquis la force de croire en la société.
Cependant, la société a échoué dans cet effort d’intégration avec d’autres. Une personne qui s’est longtemps occupé de soutien aux migrants m’a dit : « Les enfants commencent à établir des liens en fonction de leur classe sociale, et non de leur race. Un groupe se crée spontanément entre ceux qui se sentent exclus de la société, et ensuite ils n’ arrivent pas à en sortir. »
Revenons à présent au meurtre de Kawasaki. La victime, qui n’était pas suffisamment protégée par ses parents ou la société, a fait la rencontre de « A » et de ses camarades. Par la suite, il a confié à un de ses amis que les trois garçons s’étaient montrés encore plus violents avec lui quand il leur avait dit qu’il ne voulait plus les voir, qu’il n’en pouvait plus, et qu’ils allaient peut-être le tuer.
Les médias ont rapporté que le petit Ryôta était aimé sur l’île où il habitait avant de venir à Kawasaki, ainsi qu’à Kawasaki. « A », le leader du groupe, n’a probablement pas accepté que le jeune garçon quitte le groupe et retourne dans sa classe sociale. Dans le mois qui a précédé le meurtre, il l’avait durement battu à plusieurs reprises. Des amis de Ryôta qui en étaient choqués ont pressé « A » de lui présenter des excuses. Celui-ci a déclaré qu’il ne supportait pas l’idée que le jeune garçon ait des amis.
Le jeune « A » a dirigé contre Ryôta ses accès de violence, mais n’exprimait-elle pas la haine qu’il ressentait face à son incapacité à se trouver une place dans la société ?
La population japonaise est vieillissante. Elle diminue aujourd’hui de 220 000 personnes par an, et le pays a besoin d’accueillir des étrangers. Pour cela, il faut une politique qui tienne compte de l’avenir des enfants de ces immigrants…
Offrir une place dans la société à ces personnes venues de l’étranger pour leur permettre d’y exister ne signifie pas seulement protéger leurs droits humains, c’est aussi important pour la stabilité de la société japonaise. Il est urgent de trouver une politique migratoire qui confronte ces questions .
(D’après un original en japonais du 20 mai 2015. Photo de titre : l'endroit où le corps d'Uemura Ryôta a été découvert. Kawasaki, 24 février 2015. Jiji Press.)
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