Les critères de choix d’un café : l’ambiance et la bourse
Si vous vous promenez dans le centre des grandes villes, vous noterez une grande diversité dans les types de cafés. Selon les établissements, une tasse de café vous sera proposée autour de 200 yens ou pour plus de 1 000 yens, même si la majorité se situe en dessous de 500 yens. Car chaque type d’établissement a sa spécificité.
Par exemple, voyons le concept du « Morning Service » qui fait fureur autour de Nagoya depuis quelques années. Aux heures matinales, un toast grillé et un œuf dur sont servis gratuitement à tout client qui commande un café. Cette idée a fait le succès de Komeda’s Coffee qui s’est depuis également implanté à Tokyo, puis dans tout le pays où la chaîne compte maintenant plus de 600 points de vente.
Or ce que peu de gens savent, y compris parmi les Japonais, c’est que ce concept commercial du service matinal gratuit est apparu en tout premier lieu non pas à Nagoya mais à Hiroshima, dans un petit établissement indépendant dénommé Brazil.
Le toast gratuit a été initié en pleine pénurie alimentaire de l’après-guerre
Je me suis rendu dans cet établissement à Hiroshima en mai 2015. Une vieille photo de 1956 montre les lettres du mot « Morning », pour désigner le service matinal qui y était déjà proposé. Suehiro Taketsugu, père de Suehiro Katsuhisa, le propriétaire actuel, alors que le pays luttait encore contre une sévère pénurie alimentaire après sa défaite de la Seconde Guerre mondiale, mit pour la première fois au menu un café, toast et œuf sur le plat compris pour 60 yens, quand le prix pour un café seul était à l’époque de 50 yens. Un hebdomadaire s’en fit l’écho, et le modèle se répandit dans tout le pays.
De nos jours, Brazil est devenu un café-boulangerie, et propose du pain fait maison. De nombreux clients, parmi les 500 et 600 clients quotidiens, ne viennent d’ailleurs plus que pour acheter du pain. Le campus de l’Université de Hiroshima qui se trouvait devant a déménagé depuis longtemps, mais d’anciens étudiants de l’époque, qui ont maintenant la soixantaine, viennent encore en couple prendre un café.
Pendant que les grandes chaînes comme Starbucks ou Komeda multiplient les succursales, à Hiroshima comme à Ibaraki, se sont les établissements indépendants qui innovent, grâce aux efforts permanents des commerçants, pour dynamiser la culture autour du café. La consommation du café au Japon : une culture où se reflète le goût de variété et la méticulosité de l’artisanat.
(Adapté d’ un article en japonais du 29 mai 2015. Photos : Takai Naoyuki)
