Un modèle pour les personnes âgées
L’empereur a déclaré récemment qu’il souhaitait abdiquer. En 2013, il avait déjà exprimé son désir d’être incinéré après sa mort et d’avoir une tombe simple. Il me semble qu’il pourrait fournir un modèle pour la génération vieillissante qui va bientôt prendre sa retraite. Les empereurs japonais n’ont pas de caveau familial. Chaque empereur a sa propre tombe, y compris la tombe géante de l’empereur Nintoku. Dans certaines d’entre elles, les empereurs y sont enterrés avec leurs épouses, comme c’est le cas de l’empereur Tenmu, qui est enterré aux côtés l’impératrice Jitô (les autres épouses de l’empereur Tenmu ont leur propre tombe). De notre point de vue, elles sont modernes.
Le modèle de « tombe de l’ie », dont le fils aîné a la charge afin de rendre hommages à ses ancêtres s’est répandu depuis la restauration de Meiji. Aujourd’hui, les familles ont moins d’enfants, certains d’entre eux restent célibataires, et beaucoup de Japonais ne peuvent plus continuer à entretenir la tombe familiale. Dans ce contexte, la déclaration de l’empereur qui prend une initiative pour simplifier les tumulus me paraît significative.
Il a aussi exprimé le souhait d’abdiquer de son vivant. Shû-katsu (終活), le néologisme que j’ai créé il y a quelques années pour désigner les préparatifs que fait chacun en vue de sa mort [l’homonyme de celui qui désigne les activités de recherche d’emploi des jeunes diplômés des universités (就活) – voir article], connaît aujourd’hui une certaine vogue. De nos jours, on ne peut plus penser, comme autrefois à l’époque où les familles étaient nombreuses, que tout se passera bien quand on mourra même si l’on n’a pris aucune disposition de son vivant. De plus en plus de Japonais aujourd’hui prennent des mesures afin que leur décès n’impose pas de fardeau à leur famille.
Ces deux déclarations de l’empereur ne correspondent-elle pas à ce genre d’initiative ? L’empereur ne réfléchirait-il pas à sa mort avec le souci d’alléger le fardeau qu’elle fera porter à la nation ? Son attitude renforce encore le respect que j’éprouve pour lui.
(D’après l’original en japonais écrit le 30 octobre 2016. Photo de titre : L’empereur, l’impératrice, le prince héritier, le prince Akishino et sa famille visitent le pavillon Asahi-no-ma qui vient d’être rénové dans le palais d’Akasaka, le 30 mai 2010, à Tokyo. Jiji Press.)