Le secret de la réussite : des rapports humains chaleureux

Depuis quelque temps, le ministère japonais de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche encourage les voyageurs en provenance de l’étranger à séjourner dans les minshuku situés en milieu rural, parce qu’il y voit un moyen de redynamiser l’économie régionale de l’Archipel.

Nakao Seiji, professeur à l’Université de Fukuchiyama, dans la préfecture de Kyoto, est le grand spécialiste japonais des recherches sur les minshuku. D’après lui, les chambres d’hôtes situées dans les communautés rurales offrent ce que le Japon avait de mieux il y a quarante ou cinquante ans. Ces établissements de taille modeste sont en général des maisons dont le propriétaire accueille des hôtes à titre onéreux pour améliorer ses revenus provenant de la pêche ou de l’agriculture.

Les minshuku situés à proximité des montagnes ou de la mer sont l’endroit idéal pour déguster les spécialités locales, une des expériences essentielles du séjour dans une chambre d’hôtes à la japonaise. « Ce qui fait l’intérêt des petits minshuku, ce n’est pas qu’on s’y retrouve en famille ou entre amis, mais qu’on y parle avec le propriétaire des lieux en s’immergeant dans l’atmosphère locale », précise Nakao Seiji.

Les Japonais sont souvent réservés et peu enclins à engager la conversation avec des inconnus et a fortiori des étrangers, sans doute à cause de leur manque de confiance dans leurs capacités linguistiques. Mais les échanges amicaux avec les hôtes font partie intégrante du séjour dans un minshuku.

Le « Kokuriko » est un minshuku situé à proximité d’Uchiko, une petite ville de la préfecture d’Ehime, dans l’île de Shikoku. Il a la particularité de disposer d’un bain constitué d’une grande cuve de métal (goemon-buro) installée dans un bâtiment isolé du jardin. L’expérience du goemon-buro vaut à elle seule le déplacement, mais la conversation avec le propriétaire des lieux est encore plus fascinante. Morinaga Teruhiro est un homme qui adore parler de sa région.

En haut : « Farm Inn Raum Kokuriko », un minshuku installé dans une ferme de la préfecture d’Ehime, à 10 minutes de la ville d’Uchiko. En bas : le jardin abrite un petit édifice contenant un bain constitué d’une grande cuve de métal (goemon-buro). Une expérience à ne pas manquer !

Morinaga Teruhiro aime s’entretenir avec ses hôtes. Il leur parle avec enthousiasme des fruits étonnants qu’il a trouvés dans la forêt et il les encourage à écrire des lettres sur des feuilles d’arbres et à communier avec la nature. Il les convie également à se rendre au premier étage de sa ferme où il a réuni une collection d’objets réalisés par des habitants des environs. Son épouse, Reiko, engage elle aussi volontiers la conversation avec les visiteurs, les conviant à s’asseoir avec elle pour boire un thé. « Je ne parle pas très bien l’anglais » confie-t-elle. « Je ne peux donc pas discuter de sujets compliqués avec eux, mais je pense que, d’une certaine façon, nous arrivons quand même à communiquer. »

Le sens de l’hospitalité fait partie du charme du « Kokuriko ».