Le tourisme en provenance de l’étranger et la montée sur le trône d’un nouvel empereur

La croissance de la demande associée au tourisme en provenance de l’étranger semble se remettre de la morosité qu’elle a connue l’été dernier, quand les catastrophes naturelles ont incité les touristes à éviter le Japon. En octobre 2019, le Japon va héberger la Coupe du monde de rugby, l’un des trois principaux événements sportifs mondiaux. Le comité d’organisation estime à 437,2 milliards de yens les retombées économiques de l’événement. Au cours des 40 jours que dure la Coupe du monde, les fans de rugby vont affluer de l’Europe et du monde entier pour assister aux matchs qui se dérouleront dans 12 villes du Japon. On peut s’attendre à une diversification et une expansion du tourisme en provenance de l’étranger, dont la source est à l’heure actuelle principalement asiatique (voir notre article lié). Pour peu que ce phénomène trouve un prolongement dans les Jeux olympiques de Tokyo en 2020, le nombre des visiteurs étrangers au Japon est susceptible d’atteindre la cible des 40 millions définie par le gouvernement.

Le couronnement d’un nouvel empereur et le changement du nom d’ère en mai 2019, qui donneront le sentiment d’un nouveau départ, vont sans aucun doute avoir un effet positif sur l’économie.

Dans l’enquête publiée par les Observateurs de l’économie, les réponses mentionnant le changement du nom d’ère dans l’indice de diffusion pour la conjoncture à venir est passé de deux à six entre octobre et novembre. Si nous créons notre propre « indice de diffusion pour la nouvelle ère », établi à 50,0 en octobre de façon à tracer la ligne de démarcation entre expansion et récession, le chiffre grimpera bien au-delà en novembre, pour atteindre 70,8. Il est clair que les gens espèrent de plus en plus que le changement du nom d’ère va avoir un impact positif sur l’économie.

Les statistiques du PIB remontent à 1980. Si nous établissons un classement des trimestres janvier-mars ayant enregistré la plus forte croissance par rapport au trimestre précédent entre 1981 et 2018, les années arrivant en première et seconde positions sont 1989, qui marque le début de l’ère Heisei, et 2000, l’année du millénaire. Ces deux années-là ont enregistré une forte croissance tant de la consommation individuelle que des investissements en équipement. Il semble donc que la consommation commémorative au cours des années marquant un changement d’ère ait un impact important.

(Article écrit à l’origine en japonais. Photo de titre : événement de clôture de la dernière session de l’année au Tokyo Stock Exchange, le 28 décembre 2018. Jiji Press)